Le Myanmar en bref

Le Myanmar est l’un des pays d’Asie du Sud-Est et du monde qui connaît le développement le plus rapide, avec un taux de croissance annuel moyen de 7% depuis 2012. Taux qui devrait se maintenir dans les dix ans à venir.

Il s’agit principalement d’une croissance de rattrapage, faisant suite au long isolement politique et économique du pays entre 1962 et 2011. L’actuel développement est soutenu par la transition démocratique que connaît le Myanmar, par la volonté d’ouverture affichée par le gouvernement, ainsi que par la levée des sanctions en 2013 et la mise en place du Système de Préférence Généralisée (SPG) par l’Union Européenne, qui bénéficie tout particulièrement aux secteurs du textile, de la joaillerie et de l’agriculture.

Le Myanmar dispose d’atouts importants permettant de tirer sa croissance : des ressources naturelles, notamment énergétiques (hydroélectricité, gaz, solaire…) et minières, une population jeune (27,6% ont moins de 14 ans), une main d’œuvre bon marché (secteur textile en pleine expansion), un marché et un territoire vastes (676 000 km², équivalent à la France plus le Bénélux), et enfin une situation géographique favorable (entre la Chine, l’Inde et le reste de l’Asean). Sa diversité géographie est également très propice à l’agriculture, secteur qui n’a pas encore débuté sa « révolution verte » et qui offre l’un des plus importants potentiels de croissance dans les dix années à venir, surtout du fait de la proximité des marchés chinois et asiatiques.

Enfin, les aides offertes par les principaux bailleurs de fonds internationaux constituent également un atout pour la croissance du pays et pour le développement des activités des entreprises françaises au Myanmar.

Tendances de l'économie

Le gouvernement a entrepris, depuis 2011, une vague de réformes légales visant à ouvrir et libéraliser son économie, en particulier avec la Loi sur les Investissements (Myanmar Investment Law) de 2016 et le Myanmar Companies Act de 2017, qui facilitent l’implantation d’entreprises étrangères dans le pays et protègent leurs investissements, en les mettant sur un pied d’égalité avec les entreprises locales. Ces réformes devraient être renforcées en 2020 avec la Loi sur le Commerce et l’adoption de textes sur la Propriété intellectuelle.

Malgré cela, le climat des affaires reste compliqué pour les investisseurs et exportateurs étrangers, en raison d’une mauvaise qualité des infrastructures locales, d’un manque de transparence, d’obstacles réglementaires et administratifs, et d’un manque de qualification des personnels locaux, en particulier dans le secteur public. Cependant, l’environnement économique va en s’améliorant et ces difficultés offrent autant d’opportunités dans les secteurs de la construction, des infrastructures, de l’énergie, des services aux entreprises et de l’éducation notamment. A cela vient s’ajouter la bonne santé de nombreux secteurs qui continuent à être des moteurs de la croissance birmane, tels que ceux des biens de grande consommation, du médical et de la santé, des télécommunications, du textile, etc.

Enfin, grâce aux investissements des pays voisins (Chine, Singapour, Thaïlande, Corée, Japon), l’industrialisation du Myanmar se poursuit. Le développement futur de l’industrie et de l’agriculture au Myanmar laisse entrevoir des perspectives de croissance sans ralentissement dans les dix années à venir. En effet, bien qu’encore traditionnelle, l’agriculture reste aujourd’hui le secteur majeur, puisqu’elle représente 28% du PIB et 70% de la population active. L’industrie textile, quant à elle, connaît une croissance soutenue, nourrie par un salaire minimum faible, par le processus d’annulation du SPG pour le Cambodge et par la délocalisation d’usines chinoises au Myanmar. Ainsi, le textile représente aujourd’hui l’une des principales exportations du pays, 65% des exportations textiles étant destinées au marché européen.

Échanges commerciaux Franco-Myanmar

Les relations entre la France et le Myanmar sont de nature positive. D’un point de vue historique, les échanges commerciaux avec entre les deux pays remontent au 17ème siècle. La France fut un allié des Birmans contre les Anglais au 19ème siècle, elle fut également le premier pays européen à reconnaître officiellement l’indépendance de la Birmanie en 1948, et a maintenu des relations constructives, aussi bien au niveau diplomatique, que culturel et économique, sous les régimes socialistes puis militaires. Enfin, la France continue de bénéficier d’une aura et d’une image positives au Myanmar, aussi bien auprès de la population en générale, que de son gouvernement, Mme Aung San Suu Kyi étant francophone et francophile.

Les discussions actuelles, concernant la signature d’un partenariat stratégique dans le domaine de l’énergie entre la France et le Myanmar, ainsi que les récentes visites ministérielles birmanes en France, entretiennent l’entente cordiale et les relations amicales entre les deux pays. Le Myanmar offre ainsi un environnement politique et économique propice au développement des investissements français et des échanges commerciaux avec la France.

Cependant, les échanges commerciaux bilatéraux entre la France et le Myanmar restent faibles à ce jour, le Myanmar se classant en 2018 comme le 79e fournisseur de la France et comme son 118e client. En 2016, la France a pour la première fois enregistré un déficit commercial avec le Myanmar. En 2018, ce déficit s’est confirmé à la hausse (+146% à -236 M EUR). Les exportations françaises à destination de la Birmanie, impactées par une plus faible demande de machines et d’équipements électriques, régressent (-27% à 94 M EUR) alors que les importations de la France s’envolent (+47 % à 330 M EUR), tirées par l’essor du textile au Myanmar et du marché des pierres précieuses.

En 2018, les principales exportations françaises vers le Myanmar étaient issues des secteurs suivants :

  • Aéronautique – 30 M€ en 2018 (40% des exportations), soit une croissance de +11% par rapport à 2017.
  • Pharmaceutique - 20 M€ (22% des exportations), soit une croissance de +6% par rapport à 2017.
  • Machines et équipements électriques – 14 M€ (15% des exportations), malgré une baisse par rapport à 2017.

A l’inverse des exportations françaises, la croissance des importations en provenance du Myanmar ne faiblit pas. Ainsi, en 2018, les principales importations françaises depuis le Myanmar étaient issues des secteurs suivants :

  • Textile (confection) – 239 M€ en 2018 (72% des importations), soit une croissance de +52% par rapport à 2017.
  • Joaillerie/Bijouterie – 69M€ en 2018 (21% des importations), soit une croissance de +40% par rapport à 2017.
  • Agroalimentaire – 12M€ en 2018 (4% des importations), soit une croissance de +7% par rapport à 2017. Il s’agit principalement de légumineux secs.

Conseils pour une entreprise souhaitant approcher le Myanmar

Soyez patient

Les expatriés s’accordent pour dire que le Myanmar est un pays qui enseigne la patience. Si obtenir des rendez-vous est chose facile, démarrer une activité sur le terrain peut en revanche prendre du temps. Obtenir toutes les autorisations nécessaires pour débuter son activité peut être très lent, du fait d’obstacles administratifs imprévus. De même, construire son réseau, trouver des partenaires/clients/fournisseurs exige également plusieurs mois, dans une culture où les relations d’affaires sont fondées sur la confiance et les relations personnelles.

Armez-vous de patience, prévoyez suffisamment de trésorerie pour un an et arpentez le terrain pendant plusieurs mois, notamment en participant à des événements de réseautage, pour rencontrer un maximum de partenaires potentiels et pour vous construire un réseau professionnel. Il est d’ailleurs nécessaire de mettre un pied dans le pays et d’y avoir une présence officielle durable pour construire cette confiance, dans la mesure où développer son activité au Myanmar depuis l’étranger ne fonctionne que rarement.

Instruisez-vous sur la culture locale

Il n’est pas rare de voir des nouveaux arrivants être déboussolés après leur arrivée au Myanmar, malgré une longue expérience en Asie. Il est important de rappeler que le Myanmar est un pays qui est demeuré isolé pendant des décennies, et qui possède une culture, une histoire et un environnement très spécifiques, et différents de ceux de ses voisins. Malgré la volonté d’ouverture du pays et l’hospitalité de la population locale, le Myanmar reste un pays à part avec une culture locale qui imprègne tous les aspects de la vie professionnelle. Il est donc vital de se renseigner sur la culture locale de manière à ne pas faire des impairs et à ne pas se mettre en difficulté avec ses partenaires, prospects, clients, fournisseurs et employés, du fait d’une méconnaissance de la culture birmane.

Faites-vous accompagner

Le Myanmar a lancé de grandes réformes de manière à libéraliser et ouvrir son économie, et à attirer des investisseurs étrangers. Cependant, bien que certaines procédures soient devenues relativement simples et bien que le cadre légal ait considérablement amélioré les conditions d’accès au marché, de nombreux obstacles administratifs persistent du fait d’un flou légal ou de contradictions entre divers textes de loi, du fait d’un manque de transparence ou de compétences de la part des administrations locales, et du fait de divergences entre les textes et leur application sur le terrain.

Il est donc fortement conseillé de se faire accompagner par un cabinet basé au Myanmar, connaissant les subtilités liées au droit des affaires, à l’obtention des licences, à l’enregistrement des entreprises, à la signature de baux commerciaux et contrats de partenariats, etc. Il est, en effet, nécessaire de mettre toutes les chances de votre côté, dans la mesure où les options d’arbitrage restent limitées et incertaines.

Contact

CCIF Myanmar
Tél : +95 9 425 450 546
contact(@)ccifrance-myanmar.org
www.ccifrance-myanmar.org

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