Le Mozambique en bref

Soutenue par l’émergence de projets énergétiques et miniers, la croissance du PIB du Mozambique été particulièrement robuste ces dernières années.

Avec une population avoisinant les 30 M d’habitants et un PIB par habitant d’environ 498 USD, le Mozambique est un pays pauvre caractérisé par un fort potentiel de développement.

Ainsi, la croissance du PIB a été particulièrement robuste ces vingt dernières années, soutenue par l’émergence d’importants projets énergétiques et miniers, (croissance moyenne de 5,32 % entre 2000 et 2020).

L’économie reste très dépendante des cours des matières premières, lesquelles ont connu une forte baisse ces dernières années, mais aussi du secteur agricole, qui représente 23,2 % du PIB et emploie près de 80 % des actifs occupés.

Si les investisseurs se heurtent au déficit d’infrastructures (transport, ports) et à la faiblesse de la gouvernance, le Mozambique dispose de nombreux atouts pour sa croissance à moyen terme, tant du point de vue de ses ressources naturelles considérables et variées (charbon, graphite, sables lourds, hydroélectricité, hydrocarbures, agriculture, produits de la pêche) que de sa localisation géographique : le Mozambique joue en effet un rôle vital de corridor logistique pour les pays de l’intérieur (Zambie, Zimbabwe, Malawi, et même RDC) qui sont dépendants des pays côtiers pour leur approvisionnement.

Tendances économiques

Le PIB du Mozambique a cru de 2,2% en 2019 (- 2 points de PIB perdu par rapport aux prévisions à cause des conséquences des cyclones Idai et Keneth) et devrait croître de 2,2 % en 2020 et s’établir à une moyenne de +4% jusqu’en 2022, et véritablement accélérer à compter de 2024 pour s’établir à un niveau proche de 9-10% les années suivantes.

Le déficit budgétaire du Mozambique, qui devrait atteindre 7,7 % du PIB en 2020 et 6,1 % en 2021, soulève des préoccupations quant à la viabilité de la dette. Les principaux donateurs ont suspendu leur appui budgétaire au Mozambique en mai 2016 après la découverte de la « dette cachée », et le pays est en défaut de paiement officiel depuis février 2017. Le pays est en train de réduire son ratio dette-PIB, d’améliorer le recouvrement des impôts et de conclure des accords de restructuration de la dette.

 Le surendettement devrait perdurer encore plusieurs années, tout en restant soutenable. La dette publique atteint 117% du PIB en 2019, dont 84% de dette externe (soit 97,8% du PIB). Pour les années à venir, une lente décrue de l’endettement est attendue jusqu’en 2023 (dette publique de 102,1% et dette externe à 94,5% du PIB), suivi par une baisse plus significative de l’endettement par la suite, grâce aux recettes gazières, pour atteindre environ 89% de dette publique en 2024 (bien que ces chiffres soient aujourd’hui remis en cause depuis la crise de 2020)

Cependant le retour progressif de la confiance des institutions financières internationales semble en bonne voie. Le Mozambique est sorti de la catégorie ‘défaut sélectif’ grâce à l’amélioration des notes de crédit de S&P à CCC+ (22 Nov. 19), de Fitch à CCC (08 Nov. 19), après le rehaussement de Moody’s (Sept. 19). Auparavant, ces agences de notation considéraient en ‘défaut sélectif’ les perspectives de crédit à long terme en devise. Après deux années sans changement, la perception du risque souverain mozambicain s’est enfin améliorée

Le desserrement de la politique monétaire engagé en 2017 s’est révélé efficace, permettant de réduire fortement l’inflation, de stabiliser le change, tout en maintenant les réserves de change à environ 6 mois d’importations.

Après +19,9% d’inflation en 2016, l’année 2019 termine à +3%. Pour la période 2020-2024, une inflation moyenne de +5% est anticipée. Par ailleurs, le taux directeur de la banque centrale, le MIMO, a été réduit à 11,25% (après18% en Mars 2018 et après 12,75% en Avril 2020) entraînant une légère reprise du crédit à la consommation. Cette reprise du crédit restera néanmoins faible tant que le taux commercial se situera autour de son niveau actuel de 18,4%.

Dans le contexte particulier d’un surendettement, du scandale des dettes cachées, et d’un déficit budgétaire structurel, le Mozambique conserve néanmoins des perspectives positives eu égard à ses immenses réserves de gaz, les 9èmes au monde, et aux recettes fiscales attendues. Les grands projets gaziers ont en effet pris forme concrète. Ce sont près de 31 Milliards $ d’investissement directs étrangers MZLNG (Total)+ Coral (ENI)) envisagés sur les cinq prochaines années pour le seul secteur gazier. Il s’agit de la plus importante concentration dans ce secteur en Afrique, voire au monde. Pour comparaison, l’ensemble du continent africain reçoit chaque année 46 Milliards $.

Avec des découvertes de gaz en mer estimées à 125 Trillion de pieds cubes, le pays a la possibilité de diversifier l’économie tout en améliorant sa résilience et sa compétitivité. Le secteur du gaz pourrait transformer l’agriculture de subsistance en agro-industrie, soutenir l’électrification du Mozambique par différentes solutions énergétiques et favoriser d’autres industries telles que les engrais, les carburants et la métallurgie. Il pourrait également renforcer la stabilité macroéconomique, avec des revenus en hausse contribuant aux excédents budgétaires et un fonds souverain amortissant les chocs extérieurs.

Les besoins en infrastructures pour les projets liés aux ressources naturelles pourraient également déclencher un cycle d’investissements privés et publics-privés. Certaines entreprises publiques, en particulier celles du secteur des infrastructures, sont bien placées pour s’associer à des investisseurs locaux et internationaux en vue de la réalisation de tels projets.

Échanges commerciaux Franco-Mozambicain

  • Exportations vers la France : 117 Millions Euros (6ème) (0,01% des parts)
  • Importations françaises : 30 Millions Euros (27ème) (0,02% des parts)

Après quasiment une décennie de progression, les échanges franco-mozambicains (Exportations + Importations) ont nettement reculé en 2017 (148 Millions €) et se maintiennent depuis (147 Millions € en 2018).

La France enregistre un solde déficitaire de 80 millions d'euros : la baisse des exportations françaises (30 Millions €) s’explique par la fin des livraisons de navires et de médicaments qui représentaient 77% des ventes françaises jusqu’en 2016. 

Les exportations de la France vers le Mozambique atteignent un niveau  de 30 Millions € en 2018 et apparaissent diversifiées. En lien avec les grands projets miniers et agro-industriels, les principaux produits exportés sont les matériels électriques (36,3%), les machines et biens d’équipements (19,6%), les matériels électroniques (5,3%), les matériaux de construction (4,3%). On trouve aussi un flux régulier de produits agroalimentaires (10,1%) et de biens de consommation divers (8,4%) ;

Les importations de la France sont concentrées sur quatre produits : le charbon (36,3%), les pierres précieuses dont notamment les rubis (36%), l’aluminium (13,1%), les produits de la pêche et de l’aquaculture (6%). Cette structure apparaît relativement stable d’une année à l’autre.

Les échanges commerciaux entre la France et le Mozambique sont très modestes. Cependant les volumes devraient recommencer à progresser à compter de 2020 avec le démarrage des grands projets gaziers dont celui de Total. Plusieurs entreprises françaises ont remporté récemment d’importants contrats dont les effets ne manqueront pas de se faire sentir.

Conseils pour une entreprise souhaitant approcher le Mozambique

  • Malgré la décontraction et l’amabilité naturelle des mozambicains, les règles protocolaires et le formalisme sont très ancrés dans le fonctionnement des institutions mozambicaines, notamment lors d’interactions avec le gouvernement ou des services de l’Etat. Il est très courant de s’adresser à ses interlocuteurs en employant de nombreux titres et distinctions avérées ou non (Illustre, Excellentissime, Excellence). Le vouvoiement est plus que recommandé dans les premiers entretiens même si les mozambicains, tendront naturellement à plus d’informalité une fois avoir respecté les mêmes règles basiques de courtoisie similaires au pays latins européens. Il est évident que parler portugais est un plus pour les affaires qui permet d’établir un rapport de confiance plus rapide. L’anglais est maitrisé surtout par les salariés mozambicains du secteur du tourisme, et ceux travaillant dans des groupes internationaux liés aux grands projets énergétiques
  • Il est très important de bien prendre ses rendez-vous à l’avance et de redemander confirmation une semaine, puis la veille par téléphone ou email.  Comme dans beaucoup de pays africains les aléas sont beaucoup plus fréquents, il est important d’être patient et de parfois ne pas tenir trop rapidement rigueur des retards ou annulations de rendez-vous de interlocuteurs. Toutefois, cette loi ne s’applique pas forcément pour vous-même. Il est important d’arriver à l’heure, il est possible que cela vous soit reprocher et que vous perdiez une opportunité juste pour ce simple prétexte.
  • Il est très important que l’entreprise désireuse s’enregistrer au Mozambique doit s’entourer des bonnes personnes pour éviter des couts d’installation parfois élevés et non anticipés. Certains cabinets d’avocats peu scrupuleux profitent de la méconnaissance des sociétés sur le cadre réglementaire mozambicain en pratiquant des prix exagérément élevés et en retardant parfois sciemment les échéances.
  • Les pays européens latins ont plus de facilité à s’adapter à la mentalité mozambicaine qui n’a pas grand-chose à voir avec celle de son grand voisin sud-africain. Les français jouissent d’une bonne réputation, le français est la seconde langue étrangère enseignée à l’école. Le dispositif de coopération culturelle et français dans le pays est très dynamique et peut se prévaloir d’un centre culturel français extrêmement actif et apprécié.

Contact

CCIF Mozambique
www.cciframoz.fr

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