Hongrie

La Hongrie en bref

Depuis son passage à l’économie de marché il y a 28 ans, la Hongrie a privatisé presque intégralement son économie. Membre de l’Union Européenne (depuis 2004) et de l’Espace Schengen (depuis 2007), l’économie hongroise est moderne et a adopté les réglementations et standards européens.

Située au carrefour de l’Europe occidentale et orientale, la Hongrie bénéficie d’une situation centrale stratégique et d’infrastructures considérables. C’est un pays dont les investissements directs étrangers ont permis la modernisation rapide de l’outil industriel et constituent le moteur des exportations hongroises. La Hongrie demeure une destination attractive dans la région. Fin 2016, son stock d’IDE en ratio du PIB est le plus élevé dans la région (75,50%). Ce stock est le plus élevé en pourcentage du PIB et se place au deuxième rang en termes de stock d’IDE par habitant, derrière la République Tchèque.
En 2016, l’économie a connu un taux de croissance de 1.9% et un taux d’inflation égal à 0,4%, suivi par une année de record dans le domaine des exportations d’automobile (19,6 Mds EUR). La croissance donc s’est à nouveau accélérée en 2017 avec 4% de taux de croissance.
Le secteur agricole, qui a été pendant de longues années prédominant dans l'économie du pays, représente aujourd'hui 4,5% du PIB. Le secteur industriel compte pour 31% du PIB du pays et le secteur des services représente près de deux tiers du PIB.
La Hongrie dispose d’une main d’oeuvre hautement qualifiée, créative et flexible à un prix compétitif. Le pays possède de véritables atouts : biotechnologies, laboratoires pharmaceutiques, TIC, industrie automobile, et bien d’autres encore.

Tendances de l'économie

Après un ralentissement de la croissance du PIB en 2016, l’économie hongroise a récupéré en 2017 grâce à la reprise des débours de fonds européens, une solide consommation des ménages (augmentation de 4,1% sur l’année en 2017), des exportations stables ainsi que des politiques monétaires et fiscales expansionnistes. La croissance a atteint 4,4% au cours du quatrième trimestre 2017 et 4% au cours de l’année (Bureau hongrois des statistiques). Cette solide performance devrait se poursuivre en 2018 avant de se modérer légèrement en 2019 (OCDE).
Le climat pour l'investissement et la croissance devient moins favorable suite aux politiques du Premier Ministre Viktor Orban. Sur le front fiscal, le gouvernement poursuit une politique de renationalisation du secteur bancaire ainsi que d'autres mesures qui ne sont pas compatibles avec l'acquis européen. Par ailleurs, les relations politiques entre le gouvernement et l'Union Européenne empirent tandis que les relations avec la Russie s’améliorent, malgré les sanctions. Etant donné que les fonds européens représentent 80% de l'investissement public en Hongrie et les allégations de corruption, le climat macroéconomique peut être considéré comme instable.

En 2014, La Commission européenne a adopté un « accord de partenariat » avec la Hongrie sur la mobilisation des Fonds structurels et d’investissement de l’UE en faveur de la croissance et de l’emploi pour la période 2014-2020. Cet accord ouvre la voie à des investissements à hauteur de 21,9 milliards d’euros au titre de la politique de cohésion pour la période 2014-2020. La Hongrie bénéficiera également d'une dotation de 3,45 milliards d'euros destinée au développement rural et d'une enveloppe de 39 millions d'euros destinée au secteur maritime et de la pêche.

La confiance des consommateurs est restée élevée et la consommation privée a été soutenue par la hausse rapide des salaires et la croissance continue de l’emploi. La formation brute de capital fixe a progressé de près de 17% en glissement annuel. Le principal moteur de cette accélération a été l’absorption accélérée des fonds européens. L’investissement des entreprises et des ménages a également progressé de manière dynamique, la reprise économique mondiale ayant amélioré les perspectives pour les entreprises et la forte demande de logements neufs a stimulé la construction résidentielle. Les mesures de politique budgétaire et les conditions de financement favorables ont soutenu davantage la demande intérieure. Les flux commerciaux se sont accélérés en 2017, les exportations nettes contribuant cependant négativement à la croissance du PIB. Toutefois, le compte courant reste excédentaire.

En termes de prévisions, la forte croissance devrait se poursuivre. Le PIB devrait augmenter de 4% en 2018 et de 3,2% en 2019. La consommation privée et l’investissement devraient croître fortement en 2018, stimulés par des augmentations salariales dans un contexte de pénurie de main d’oeuvre (taux de chômage à 4,2% en 2017), et soutenus par la forte reprise des crédits bancaires à destination des entreprises et des ménages. Les investissements des entreprises et dans une moindre mesure des administrations publiques devraient continuer de progresser à un taux à deux chiffres, car de nombreux projets financés par l’UE sont en cours de mise en oeuvre. La forte demande intérieure, entretenue par les gains de pouvoir d’achat des ménages, et l’investissement des entreprises devraient maintenir l’accélération des importations à un rythme plus rapide que celui des exportations. En 2019, la croissance économique devrait cependant ralentir en raison d’une demande anticipée moindre pour les exportations, et des contraintes de capacité, en particulier sur le marché du travail, ralentissant la croissance du revenu disponible réel. L’inflation globale qui a fait son retour en 2017 avec un taux 2,4%, en raison de la forte demande intérieure, devrait cependant se stabiliser à 2,3% en 2018 avant de repartir à la hausse en 2019 (3%). Dans ce contexte favorable, les finances publiques ont poursuivi leur redressement avec un déficit public réduit à -2% et une dette publique estimée à 73,6% du PIB.

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