Maroc

Le Maroc fait des choix courageux qui s’inscrivent dans la durée

Interview de Bruno Joubert, Ambassadeur de France au Maroc

Interview de Bruno Joubert, Ambassadeur de France au Maroc

Quelles sont les caractéristiques du paysage économique entre la France et le Maroc ?
Bruno Joubert : Pour reprendre des propos que j’avais tenu il y a quelques temps à la Chambre Française de Commerce et d’Industrie du Maroc, « le contexte est très original, nous sommes en train de défendre des relations d’excellence ». Pour la France, l’enjeu est d’être à la hauteur de cette relation afin que le partenariat franco- marocain puisse être au service de l’ambition de développement exprimée par le Royaume.

Notre contribution prend, dans ce contexte, une dimension multiforme. Nous sommes un investisseur historique et résolu au Maroc avec un flux d’investissements directs étrangers (IDE) en 2009 de près de 7,5 milliards de dirhams autrement dit 37 % du total. A cet égard, il faut souligner que les stocks d’IDE français représentent près de 50% des stocks d’IDE totaux au Maroc. Avec près de 750 fi liales d’entreprises françaises en 2010, le Maroc représente une place de premier plan par rapport aux autres pays émergents en matière d’implantations françaises à l’étranger. La France est également le 1er client du Maroc avec 27,5 milliards de dh d’exportations marocaines vers la France en 2009 (24,5 % du total des exportations marocaines). Mais au-delà de ces chiffres, qui sont à mon sens très parlants, l’exceptionnalité s’exprime aussi dans d’autres domaines. Les flux et relations humaines sont par exemple à l’égal des relations économiques, voire plus denses encore, avec 27 000 étudiants marocains en France et 3 millions de touristes français au Maroc en 2009. Enfin, et ce n’est pas des moindre, la France est le premier contributeur bilatéral d’aide publique au développement.

Présence économique renforcée, projets d’envergure comme l’installation de Renault à Tanger ou encore la ligne à grande vitesse. Autant dire que tout va pour le mieux...

Je ne vous apprendrais pas que le Maroc conduit une ambitieuse politique de développement économique et social ayant pour objectif une modernisation du pays dans le respect de ses traditions et de son identité. Les réformes s’accélèrent sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi et se poursuivront sur les prochaines années. Le Maroc fait des choix courageux qui s’inscrivent dans la durée. Il parie sur l’avenir avec un niveau d’ambition élevé.

La relation bilatérale France / Maroc est au service de ce développement économique et social ambitieux du Maroc en soutenant effectivement par exemple le développement des grands projets de transports urbains et interurbains. D’une façon générale, les grands groupes français présents au Maroc participent à la diversification de l’industrie marocaine. Dans l’automobile, l’implantation de Renault à Tanger va permettre au Maroc de développer une vraie filière.

Dans l’aéronautique, une sous-traitance de pointe s’organise autour de l’implantation d’EADS et de SAFRAN. Les entreprises accompagnent également la modernisation des infrastructures y compris dans des chantiers aussi emblématiques que les ports de Tanger MED I et II (Bouygues), les tramways de Rabat et Casablanca (Alstom). Les entreprises françaises (Veolia, GDF-SUEZ) jouent un rôle dans la modernisation des services publics et dans la qualité des services rendus aux citoyens (distribution d’eau et d’électricité). Enfin, elles sont présentes dans les nouveaux secteurs à forte valeur ajoutée que sont l’informatique et l’offshoring (Webhelp). Cette présence se traduit par des créations d’emplois, des transferts de technologie et des actions de formation.

Je profite d’ailleurs de l’occasion que vous m’offrez pour souligner que nous devons, à mon sens, veiller à poursuivre nos efforts dans les régions du nord et à y rendre plus dense et plus visible le partenariat franco-marocain. Cela passe par une présence accrue de notre communauté d’affaires dans cette zone.

Le Maroc a lancé une série de chantiers ouverts sous la forme de plans sectoriels comme Emergence, le Plan Vert ou encore Halieutis. Comment la France est-elle partie prenante de ces stratégies sectorielles ?
La France souhaite accompagner le Maroc dans son ambition de développement et il est donc naturel d’être aux côtés du Royaume dans la mise en oeuvre de ces différents plans sectoriels. Notre principal outil en la matière, notre bras armé en quelque sorte, est l’Agence Française de Développement, dont le nouveau Directeur au Maroc, Monsieur Daligault, vient de prendre ses fonctions.

A cet égard, l’Agence apporte différents appuis financiers. S’agissant de la pêche, c’est par exemple, un appui à la mise à niveau des infrastructures de pêches (construction et équipements de quatre nouvelles halles aux poissons, mise à niveau des ports de pêche, construction d’une plate-forme pour les exportateurs à Casablanca, équipements en contenants en plastique normalisés) qui est apporté avec un prêt de 27 millions d’ . Je peux également citer, toujours dans ce même secteur, l’appui au renforcement des capacités commerciales de l’Office National des Pêches avec une subvention de 1 million d’euros.

S’agissant du Plan Maroc Vert, l’AFD travaille par exemple, aux côtés du ministère de l’Agriculture et de la pêche maritime, à l’aménagement et la valorisation du périmètre irrigué du Moyen Sebou, au travers de différents financements. Ces financements vont par exemple de la mise en valeur d’un réseau d’irrigation sur 4 000 ha, avec un prêt d’un montant de 40 millions d’euros en 2009, au renforcement des capacités de gestion de l’eau (renforcement des associations d’usagers de l’eau, …), sur une subvention de 500 000 euros à la Fédération des unions d’usagers de l’eau agricole, également en 2009.

La France est donc bien présente auprès du Maroc sur ces différents plans sectoriels très ambitieux que met en œuvre le Royaume, et nous continuerons de l’être, si l’Etat marocain le souhaite bien entendu. [...]

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<img936|left>Un article issu du magazine Conjoncture n°919, octobre 2010.
Une publication de la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc.



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