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Japon : Carlos Ghosn, "En route vers la fin des émissions de CO2"

Japon : ÉDITORIAL avec Carlos Ghosn du magazine FRANCE JAPON ECO
L’Alliance Renault-Nissan s’est engagée à éliminer complètement les émissions de CO2 d’ici 5 ans. Aujourd’hui, deux technologies permettent d’envisager des véhicules « zéro émission » : la pile à combustible, qui fonctionne à l’hydrogène, et l’électrique.

L'Alliance Renault-Nissan s'est engagée à éliminer complètement les émissions de CO2 d'ici 5 ans. Aujourd'hui, deux technologies permettent d'envisager des véhicules « zéro émission » : la pile à combustible, qui fonctionne à l'hydrogène, et l'électrique. Nous avons déjà développé des prototypes de piles à combustible au sein de l'Alliance, mais il faudra attendre encore une dizaine d'années pour que cette technologie puisse devenir une solution abordable et accessible au grand public. En revanche, le véhicule électrique est une solution que nous serons en mesure de commercialiser massivement non pas dans 5 ans mais dans 2 à 3 ans. Nissan lancera des voitures électriques dès 2010 dans la province du Kanagawa au Japon et dans l'Etat du Tennessee aux Etats-Unis. En 2011, nous lancerons avec Renault des voitures électriques en France, en Israël, au Danemark et au Portugal. D'autres marchés suivront au fur et à mesure.

Il y a 10 ans, l'environnement était l'affaire de spécialistes. Aujourd'hui, c'est l'affaire de tous et surtout des jeunes générations. Tout le monde a conscience des dérèglements climatiques et souhaite contribuer à la préservation de la planète. Les clients veulent des voitures qui polluent moins, mais ils ne sont pas prêts à payer plus pour autant. Selon une enquête qu'a réalisée Renault auprès de 50.000 clients dans les 5 principaux marchés européens, seulement 10% des clients sont prêts à payer 5% de plus pour que leur voiture pollue moins. Il revient donc aux constructeurs de proposer des véhicules à la fois propres et abordables. Les pouvoirs publics peuvent aussi mettre en place des incitations fiscales en faveur des véhicules les moins polluants, comme c'est le cas dans plusieurs pays. Il y a un autre facteur important qui a radicalement changé dans l'esprit des consommateurs : tout le monde a désormais la conviction que le prix du pétrole, au-delà des fluctuations temporaires, restera élevé. C'est une conviction que partagent les pouvoirs publics, soucieux de réduire la facture pétrolière de leur pays. Enfin, les clients ne sont pas non plus prêts à sacrifier la performance et le plaisir de conduite. Il y a 10 ans, conduire une voiture électrique était presque une punition. Depuis, les avancées technologiques ont permis de doubler l'autonomie de la batterie et la puissance des véhicules a significativement progressé. Tous ces facteurs convergent aujourd'hui en faveur des véhicules « zéro émission » attractifs et agréables à conduire.

Il y a aujourd'hui une forte demande de véhicules « zéro émission » de la part des grandes villes des pays industrialisés, qui cherchent à réduire drastiquement les émissions de CO2. Selon une étude du MIT, il y aurait en 2016 10 millions de véhicules électriques vendus dans le monde. Sur un parc automobile qui représente actuellement 600 millions de voitures, la voiture électrique sera loin d'être prédominante dans les 10 prochaines années, mais elle risque de le devenir à un horizon de 20 à 30 ans et on peut penser que ces véhicules seront particulièrement concentrés dans les grandes villes industrialisées.

Dans les pays émergents, le premier obstacle au développement de la voiture aujourd'hui, c'est leur prix. Les clients veulent des voitures peu chères, spacieuses et robustes. La question des émissions de CO2 ne compte pas encore dans leurs priorités. Mais on peut s'attendre à ce que ces pays rattrapent rapidement leur retard quand les technologies seront mises sur le marché. Il y a aujourd'hui en Chine plusieurs millions de bicyclettes avec des moteurs électriques et le pays dispose des ressources en matières premières pour produire des batteries. La Chine pourrait très bien produire et commercialiser en masse des véhicules électriques peu chers dans quelques années.

La crise financière et économique qui touche de plein fouet l'industrie automobile risque de réduire temporairement les investissements dans les technologies zéro émission qui sont coûteuses. Mais l'évolution de l'industrie vers des voitures propres reste une tendance de fond qui va d'ailleurs contribuer à relancer son dynamisme. Carlos Ghosn

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