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Egypte - Gestion de l’eau : comment éviter la crise ?

L’Egypte, ce « don du Nil », risque-t-elle un jour d’être
à sec ? Une bonne gestion de l’eau dont dispose le pays, en terme de production d’eau potable ou de traitement des eaux usées, pourrait permettre d’éviter la pénurie, selon certains experts.

Depuis plusieurs années, l’Egypte refuse que sa part des eaux du Nil soit revue à la baisse, comme l’exigent les pays en amont du fleuve. Le Caire assure que même en conservant sa part actuelle du débit du Nil, les besoins en eau du pays dépasseront ses ressources hydrauliques dès 2017.

L’Egypte, ce « don du Nil », risque-t-elle un jour d’être à sec ? Une bonne gestion de l’eau dont dispose le pays, en terme de production d’eau potable ou de traitement des eaux usées, pourrait permettre d’éviter la pénurie, selon certains experts.

Quels sont les chantiers à lancer ou à poursuivre pour y parvenir ?

L’Antenne, publication de la Chambre de Commerce Française en Egypte pose ce mois-ci ces questions vitales, au travers de reportage et d’interviews.

Au cours du dernier mois de Ramadan, les coupures d’eau sont venues rappeler à des centaines d’Egyptiens à quel point l’eau est une ressource précieuse et fragile. C’est une vérité pour tous les pays du monde, plus encore dans un contexte de réchauffement climatique. Mais pour l’Egypte, dont le territoire est à 90% désertique, l’approvisionnement en eau est un enjeu plus stratégique encore qu’ailleurs. La bataille engagée autour des eaux du Nil vient le souligner : le fleuve millénaire n’est pas forcément éternel, et les 55,5 milliards de mètres cube qu’il fournit chaque année à l’Egypte – les 9/10e des ressources en eau du pays – sont déjà remis en cause. Au printemps dernier, le sujet faisait encore la une de la presse égyptienne : l’Egypte et les pays en amont du Nil sont irréconciliables, les nations d’Afrique de l’Est, pour protester contre le refus du Caire de réduire sa part des eaux du Nil, signent un accord de partage des eaux séparé, indignation du Caire et de Khartoum … La « guerre de l’eau » semblait sur le point d’éclater. Quelques mois plus tard, force est de constater qu’on en est heureusement encore loin. Mais même s’il est improbable que les dirigeants égyptiens et éthiopiens se lancent un jour dans un conflit armé pour l’« or bleu », la crise du Nil demeure, et avec elle la hantise, au Caire, de manquer un jour du précieux liquide.

Au-delà de la question politique du partage des eaux du Nil, la gestion des ressources disponibles est un autre terme de l’équation de l’eau en Egypte. La préservation du Nil, d’abord, est un défi majeur, qui passe par le traitement des eaux usées. Or près de 40% du territoire égyptien n’est pas relié au réseau de drainage, rappelle dans ce numéro le Dr. Abdel Kawi Khalifa, président de la Holding Company for Water and Waterwaste, en charge de la distribution de l’eau dans le pays depuis 2004. Une proportion qui monte à près de 85% dans les campagnes égyptiennes. Seule solution pour éviter de rejeter des milliards de mètre cube d’eaux usées dans le fleuve : construire davantage d’usines d’épuration, en ville comme à la campagne. Un marché que les entreprises françaises, Veolia Water et Degrémont en tête, connaissent bien : la filiale « Design&Build » de Veolia utilise des techniques de pointe pour installer des petites stations résistantes et très flexibles dans le Delta du Nil, comme l’explique Jonathan Sharrock, directeur régional de Veolia Water Services, tandis que Degrémont fait fonctionner depuis 2005 une partie de la station d’épuration de Gabal El Asfar – la plus grande station de traitement des eaux d’Afrique, au nordest du Caire - et travaille à son extension.

Mais avant de nettoyer les eaux déjà utilisées, encore faut-il en rationaliser l’usage. Peut-être cette bataille-là sera la plus difficile à mener. Car l’idée de la présence éternelle du Nil, comme une colonne vertébrale du pays, est ancrée depuis des millénaires dans l’esprit des Egyptiens. Comment, dès lors, les convaincre de la nécessité de l’économiser ? Les terrains de golf ou les jardins verdoyants qu’on arrose en abondance dans les « gated communities » des environs du Caire sont un bon symptôme de cette inconscience. « Un terrain de golf consomme 4000 m3 d’eau par jour, un Egyptien moyen 600 m3 par an », souligne un connaisseur du dossier. Une manière de rappeler qu’il est plus urgent de sensibiliser les segments les plus riches de la société égyptienne que les classes moyennes et pauvres, dont la consommation est très raisonnable. Dans cette perspective, des sanctions financières semblent être le plus sûr moyen de faire changer les mentalités. « L’eau devrait être pratiquement gratuite pour les pauvres et très chère pour les gens qui remplissent des piscines », estime Habib Ayeb, géographe et chercheur à l’université américaine du Caire, spécialisé dans la gestion de l’eau. Autre mission de l’Etat qui n’est pas encore tout à fait accomplie : assurer l’approvisionnement en eau potable sur tout le territoire, pour l’ensemble des Egyptiens. Dans certains quartiers déshérités du Caire et dans certains villages, voir de l’eau potable couler au robinet de la cuisine est encore un doux rêve.

Les progrès techniques en matière de traitement de l’eau peuvent aussi fournir des solutions locales. Le dessalement de l’eau de mer se dessine ainsi comme une alternative crédible au « tout Nil » pour les zones côtières. L’invitation de préqualification lancée par la HCWW en octobre confirme ce choix : 12 nouvelles usines de dessalement doivent être construites dans les années à venir sur les côtes de la Mer Rouge et de la Méditerranée.

Télécharger le dossier complet sur le thème de la gestion de l'eau : <doc885|center>

---------------------------------------------------------------------------------- <img886|left>Article issu de "L'Antenne", Septembre 2010.
Une publication de la Chambre de Commerce Française en Egypte.


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