Chine

Services en Chine, un secteur en mutation mais qui reste protégé

La part des services dans le PIB en Chine est actuellement au niveau d’un pays à bas revenu... L’économie chinoise court le risque d’être piégée dans son rôle de puissance de fabrication et elle souhaite donc développer les services...

Le 12e plan quinquennal met l'accent sur le développement des services. Cependant, le gouvernement chinois pense qu’il convient de protéger certains domaines des services liés à la stabilité économique, politique et culturelle. Quelles sont les opportunités de croissance pour les entreprises françaises et étrangères et les difficultés d’accès à des marchés locaux surveillés de près par les autorités chinoises ?

On a l’habitude de parler de la Chine comme de l’atelier du monde tant la part de la production manufacturière reste prépondérante dans la seconde économie du globe.

Parce que les ambitions chinoises vont bien au-delà, les autorités regardent la trajectoire de développement de l’Occident où le tertiaire est devenu un secteur phare avec l’avènement du IT et d’une économie dite de la connaissance, entre autre. « La part des services dans le PIB en Chine est actuellement au niveau d’un pays à bas revenu », prévient sans détour YAN Yun, Directeur de l’Institut du Management Public et du Développement des Industries de l’Université de Pékin.

« Le développement ultra rapide de la manufacture sur un modèle de croissance extensive s’appuie de façon excessive sur les exportations et l’investissement dans les ressources. A ce stade, l’économie chinoise court le risque d’être piégée dans son rôle de puissance de fabrication et il faut donc développer les services comme veut l’impulser le 12ème plan quinquennal ».

Réciprocité versus enjeux stratégiques ?
De passage récemment à Pékin, le Commissaire Européen pour le Marché intérieur et les services, Michel Barnier, avançait pour sa part un concept clé à faire passer en Chine, celui de « réciprocité ».

« Les relations bilatérales actuelles ne sont ni à la hauteur de la Chine ni à celle de l’UE et nous sommes ici pour parler des enjeux de la réciprocité. Nous voulons que les entreprises européennes soient accueillies en Chine de la même manière que les entreprises chinoises le sont chez nous.

Sur les services, pourquoi nos entreprises sont-elles limitées par exemple à des participations de 20% à 25% maximum dans le secteur bancaire alors que l’UE les plafonnent à 49% ? (…) Je suis venu pour poser ces questions et obtenir des réponses ». Du point de vue chinois, il convient cependant de protéger un secteur local encore immature pour assurer que la croissance anticipée et soutenue par l’Etat bénéficie avant tout aux entreprises chinoises et au développement économique du pays. Et pour ne pas être accusé de protectionnisme, la Chine joue la carte des enjeux stratégiques.

« Puisque certains domaines des services sont liés à la stabilité économique, politique et culturelle, le gouvernement chinois n’autorise pas les entreprises étrangères à y accéder ou impose des restrictions. Par exemple, le secteur postal, puisqu’il touche à la confidentialité, n’est pas adapté à la présence d’entreprises étrangères. Même chose pour les services financiers en raison des enjeux sur la stabilité et le besoin de contrôle et si la Chine autorise les entreprises étrangères à s’implanter dans ce secteur, elle impose des restrictions. Accorder une certaine protection à une catégorie de services peut éviter des problèmes engendrés par une ouverture excessive ou trop rapide » analyse M. YAN.

Toutes ces problématiques passionnantes sont abordées dans notre dossier spécial sur les services en Chine où nous avons choisi de nous concentrer sur certains secteurs plutôt que d’autres tant le spectre des activités dans le tertiaire est large. Ainsi les domaines auxquels ont déjà été consacrés des numéros de Connexions ne sont pas traités comme l’éducation, les transports, l’urbanisme ou encore les services à la personne qui mériteraient un dossier complet.

Reste un panel fort riche qui dresse un bilan nuancé entre de fabuleuses opportunités de croissance pour les entreprises françaises et étrangères et des difficultés d’accès à des marchés locaux surveillés de près par les autorités chinoises. •

Nicolas Sridi, Rédacteur en Chef

<img1093|left>Article extrait de Connexion, Publication de la Chambre de Commerce et d’Industrie Française en Chine.

Contact :
Chambre de Commerce et d’Industrie Française en Chine
Flore Coppin
Tel : 0086 +10 - 6461 0260 ext. 66
@ : [coppin.flore@ccifc.org->coppin.flore@ccifc.org]
Sites : www.ccifc.org / www.connexions.ccifc.org

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