Pologne

Pologne - Energies : Une question politique

{{En Pologne, l’intérêt porté aux ressources énergétiques est inédit. Impensables avant 1990,
les idées sur les énergies renouvelables y émergent petit à petit dans un pays habitué à une
industrie très gourmande en énergies fossiles.}}

En Pologne, l’intérêt porté aux ressources énergétiques est inédit. Impensables avant 1990, les idées sur les énergies renouvelables y émergent petit à petit dans un pays habitué à une industrie très gourmande en énergies fossiles.

Depuis le milieu des années 90, l’augmentation progressive des prix de l’énergie a changé la situation. Le développement des marchés financiers ainsi que le passage vers une économie plus libérale ont poussé la Pologne à reconsidérer le rôle de l’énergie.

Depuis 2001, la Pologne a adopté une politique nationale visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. En outre elle a largement respecté le protocole de Kyoto en étant actuellement à 32% de baisse des émissions de CO2 par rapport à 1988. L’intégration dans l’Union européenne, en 2004, a obligé le pays à adopter l’ensemble des règles communautaires, en l’occurrence les directives en matière d’énergie et de changement climatique. Ainsi pour atteindre les objectifs fixés, le gouvernement polonais a misé sur les économies d'énergie et les nouvelles technologies de combustion de charbon.

Depuis 2007, les dirigeants européens se sont fixés un triple objectif d’ici 2020 : réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre, atteindre 20% d’énergie renouvelables dans la consommation européenne et réaliser 20% d’économie d’énergie. Désormais la Pologne joue le rôle de "maillon faible" dans l’accord européen sur le climat. Car même si le gouvernement suit le mouvement dans la lutte contre le réchauffement climatique, il refuse de le faire à n’importe quel prix. Le charbon restera pour longtemps la principale source d’énergie en Pologne. Et comme le pays ne dispose pas d'autres combustibles ni de conditions naturelles pour développer à grande échelle les éoliennes ou les centrales hydrauliques, Varsovie a voulu renégocier les propositions de la Commission européenne sur le système de quotas des émissions de CO2. Ces derniers alloués aujourd’hui gratuitement, devaient être vendus aux enchères à partir de 2013 (20% des quotas en 2013 pour atteindre 100% en 2020). De plus, selon certains experts la mise en place d’un tel système provoquerait non seulement une hausse des prix de l’électricité de 90% mais surtout pèserait lourd sur l’économie du pays. Le chef du gouvernement polonais Donald Tusk n’a pas accepté que l’Union interdise la production de l’énergie électrique avec du charbon, en revanche il voulait « qu’elle permette de la rendre plus respectueuse de l’environnement ».

Finalement après une menace de veto au plan climat européen, la Pologne est sortie satisfaite des négociations le 12 décembre dernier. En effet, le ministre des Affaires étrangères Radoslaw Sikorski, avait indiqué que Varsovie a obtenu « ce qu’elle voulait » des tractations. La Pologne a été exemptée de la vente aux enchères des quotas jusqu’en 2020. En outre un plan de solidarité financière va être mis en place pour les nouveaux membres de l’Union européenne afin de rattraper leur retard. Il n’empêche que la Pologne aura les mêmes obligations que toute l’Europe, mais il lui sera permis comme à d’autres pays concernés « d’affecter une partie des quotas gratuits affectés à chaque gouvernement (...) aux producteurs d’électricité, selon une pente qui les amènera à zéro émission de CO2 en 2002 » a résumé le président français Nicolas Sarkozy.

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