Chine

Le marathon des architectes en Chine

{{Urgence des échéances et projets surdimensionnés rendent
passionnant et difficile l’exercice du métier d’architecte.}}

Urgence des échéances et projets surdimensionnés rendent passionnant et difficile l’exercice du métier d’architecte.

S’il y a un pays où les immeubles poussent plus vite que leur ombre, c’est bien en Chine. En 2007, la moitié des nouveaux bâtiments construits dans le monde le furent en Chine, et en 2018, le marché de la construction chinois aura dépassé celui des États-Unis, affirme le cabinet Global Construction Perspectives*. Le diesel de ce boom est évidemment l’urbanisation : en 30 ans de réformes, la population urbaine est passée de 19% à 46,6%.
Peu développé il y a quinze ans, le métier d’architecte a depuis naturellement fait (orès, et les cabinets étrangers se sont précipités sur la manne chinoise. Objectif : répondre à la fois à l’énorme besoin en infrastructures publiques, en logements et en constructions « cartes de visite » pour des villes à la recherche d’une identité visuelle, ce que Françoise Ged, directrice de l’Observatoire de l’Architecture de la Chine contemporaine à Paris, appelle le « marketing international des villes ».
Quel constat peut-on dresser aujourd’hui dans un pays qui fait 5gure de paradis pour architectes ? D’abord que si les grands cabinets étrangers, très attendus sur le terrain, ont réussi, en dix ans, à se faire un nom, une trentaine d’architectes chinois, tel Ma Quigyun et son agence MADA s.p.a.m.1, sont aussi devenus des vedettes, même si les bâtiments emblématiques telle la tour de CCTV restent l’apanage des étrangers.

Des projets démesurés
Ce qui fait courir les architectes en Chine, c’est d’abord la taille et le nombre de projets. « Quand je suis arrivé en Chine il y a 12 ans, c’était le Far West. Tout était possible et c’est encore vrai aujourd’hui », raconte Gabriel Delage, co-fondateur du cabinet Vector Design, à Shenzhen. Comme dans la France des années 50 et 60, en Chine, les architectes ont en charge de plani5er rien moins que des villes. Alexandre Perrossier, directeur de projet au cabinet Valode &Pistre à Pékin, connaît bien le sujet : il travaille sur un projet de centre commercial de 100 000m², auquel se greffera un autre de 30 000m², deux ou trois hôtels de 30 à 40 étages, 200 à 300 villas étalées sur 1 million de m². Le tout dans trois villes différentes. Autant dire que par rapport à la France, où un projet de 2 000 m² est déjà considéré comme un beau projet, l’aventure chinoise est plutôt grisante.
Mais tous les architectes installés en Chine ne sont pas amenés à bâtir des bâtiments expérimentaux, fruits de leur fertile imagination. Comme l’explique Emmanuel Breffeil, directeur exécutif du cabinet Suda², « les prouesses techniques ne représentent que 0,2% des nouveaux bâtiments construits en Chine ». Et à en croire Zou Huan, professeur associé au département d’architecture de l’Université de Tsinghua, « si la liberté de créer est réelle au niveau des esquisses, elle n’est pas nécessairement respectée par le maître d’ouvrage, qui n’a pas toujours une grande culture architecturale et n’imagine pas qu’il est important de respecter le projet de l’architecte ». Ceci est encore plus vrai pour les cabinets étrangers. N’ayant pas de licence leur permettant de réaliser les plans de construction, à moins de passer l’examen en chinois, donc de connaître sur le pouce toutes les règles de construction en Chine, ils n’ont pas les moyens de vérifier que les plans d’exécution correspondent point par point à leur projet de départ. « Nous soumettons notre design à un institut qui réalise 60% de notre projet, explique Francis Jacquier, partenaire du cabinet Archiplein, à Shanghai. Il y a des problèmes de transformation du design car les architectes qui reprennent le projet, n’étant pas à la source, sont moins impliqués et ne réfléchissent pas au concept initial. » [...]

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<doc761|left>Un article issu de Connexions numéro 54,
Juillet 2010
Une publication de la Chambre de Commerce et d’Industrie Française en Chine.

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