Chine

Chine - Les défis de l’or bleu

Indispensable à la vie en général mais aussi à la production et au développement économique, l’eau s’annonce comme l’un des prochains enjeux majeurs à l’échelle de la planète.

Indispensable à la vie en général mais aussi à la production et au développement économique, l’eau s’annonce comme l’un des prochains enjeux majeurs à l’échelle de la planète.

Si, en ce début de 21ème siècle, on peut espérer trouver des alternatives au pétrole comme source d’énergie principale, rien ne saurait venir remplacer un accès à des ressources hydrauliques suffisantes et de qualité.

A l’échelle mondiale, la croissance démographique, l’urbanisation, l’industrialisation et une production agricole intensive pèsent lourdement à la fois sur la quantité d’eau disponible et la qualité des ressources. Pour les populations, le concept d’ «or bleu» devient de plus en plus tangible et, selon les mots du représentant du Yémen à l’ONU, l’eau est appelée à devenir «le pétrole du siècle de la soif que sera le 21e siècle»¹.

Avec plus de 20% de la population mais seulement 7% des ressources en eau du globe, la Chine n’a pas été réellement gâtée par la nature et de plus ces ressources sont réparties de manière très inégale. Assurer l’approvisionnement et la gestion de l’eau est donc un enjeu essentiel pour l’Empire du Milieu. D’autant que sans le précieux liquide, il sera impossible d’atteindre la productivité agricole nécessaire pour nourrir la population ou d’alimenter les zones industrielles qui tirent la croissance économique du pays. Sans parler des conséquences sanitaires et écologiques d’une pollution de l’eau jusqu’à présent mal contrôlée… Un défi de taille donc qui, outre son cortège de problèmes, draine également un formidable éventail d’opportunités pour les entreprises françaises du secteur dont les compétences sont reconnues internationalement.

A travers ce dossier, nous avons cherché à explorer de manière large cette problématique tout en sachant qu’un sujet aussi vaste ne pourrait être traité de manière totalement exhaustive.

Dans un premier temps, un état des lieux s’imposait pour mesurer l’ampleur des difficultés présentes et à venir et voir l’évolution des politiques menées par les autorités chinoises. Projet phare à l’heure actuelle, le transfert d’eau « Sud-Nord » visant à mieux répartir les ressources dans le pays méritait d’être détaillé avec en miroir l’expérience millénaire et nettement plus « verte » des Karez du Xinjiang. Partant de cet état de fait, nous avons voulu offrir un aperçu des défis et enjeux qu’impose la situation locale. D’un point de vue géopolitique, la soif d’eau chinoise crée des tensions de plus en plus fortes avec les pays voisins comme avec l’Inde. Les « déplacés climatiques » chinois quittent des terres devenues inexploitables par manque d’eau alors que la fonte des glaciers au Tibet menace l’approvisionnement du pays en général.

Dans le même temps, la pollution infiltre peu à peu toutes les sources alors que la Chine part en quête d’ « eau virtuelle » pour assurer son développement futur.

L’eau est essentielle pour la production qu’elle soit agricole ou industrielle et c’est aussi une source très importante d’énergie grâce aux installations hydroélectriques. Concept innovant, le « nexus eau-énergie » permet d’aborder ces problématiques de manière plus globale et de s’ouvrir à des notions d’économies circulaires et d’efficience. Des notions qui se transforment concrètement en opportunités économiques en Chine pour les entreprises françaises.

L’eau est avant tout un besoin vital pour les populations que ce soit pour boire ou pour les usages courants. Une eau qu’il faut désormais traiter en amont comme en aval des zones d’habitations et qu’il va falloir payer de plus en plus cher. La société civile chinoise se mobilise de plus en plus pour influencer les choix des autorités mais les inégalités entre zones urbaines et rurales restent très importantes. Pour les spécialistes français du traitements des eaux, la Chine apparaît désormais comme un marché majeur où il convient d’être bien implanté.

Et pour faire face à tous ces défis, la Chine mise avant tout sur la science et les progrès technologiques. La coopération avec la France à ce niveau est très solide et des solutions intéressantes émergent. Les technologies restent cependant limitées et il n’est plus possible de ne compter que sur elles pour faire face à une situation plus qu’urgente. Une gestion mieux intégrée et plus globale est devenue une nécessité que les autorités chinoises reconnaissent aujourd’hui. Reste à espérer que cette prise de conscience nationale se traduise bien dans la pratique au niveau local.

Nicolas Sridi

1. Assemblée Générale de l’ONU sur le droit à l’eau potable, 28/07/2010 www.un.org/News/fr-press/docs/2010/AG10967.doc.htm

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<img864|left> Cet article est issu du magazine Connexions, n° 55
Publication de la Chambre de Commerce et d'Industrie Française en Chine
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Glossaire
Cycle hydrologique
Le cycle hydrologique est divisé en deux sous-ensembles : premièrement, le grand cycle de l’eau marqué par deux phases – évaporation, précipitation – qui rythment la vie de la ressource. Cette dernière se présente sous différents états naturels : rivières, nappes souterraines, lacs, océans, nuages et glaces. Deuxièmement, le petit cycle de l’eau qui couvre l’ensemble des prestations effectuées par l’homme pour satisfaire les besoins agricoles, industriels et domestiques.

Eau virtuelle
L’eau virtuelle est l’eau que nous consommons « sans la voir ». C’est l’eau utilisée dans les processus de fabrication de produits, que ce soit dans l’industrie, l’agro-alimentaire, etc.

Empreinte eau
L’empreinte eau d’un état est le volume d’eau nécessaire pour la production des biens et des services consommés par ses habitants : La moyenne mondiale est de 1 243 m³/personne/an (7 452 milliards de m³/an).

Stress hydrique
On assiste à un stress hydrique lorsque la demande en eau dépasse la quantité disponible pendant une certaine période ou lorsque sa mauvaise qualité en limite l’usage. Le stress hydrique entraîne une dégradation des ressources d’eau douce en termes de quantité (suréxploitation des eaux souterraines, rivières asséchées, etc.) et de qualité (eutrophisation, pollution par la matière organique, intrusion saline, etc.).

Sources : www.eaufrance.fr/spip.php?rubrique189

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