Taïwan

Taiwan

Taïwan est la 6ème économie la plus riche d’Asie, mais tout comme le reste de l’économie mondiale, Taiwan a souffert de la crise, notamment en raison de l’ouverture importante de son économie. Les espoirs de voir l’économie insulaire enregistrer une croissance positive se sont effondrés après la baisse de 10,2% du PIB au premier trimestre 2009.

Taïwan est une île longue de 384 km et large de 144 km. Sa superficie est comparable à celle des Pays-Bas (environ 36 000 km²). Avec 620 habitants au km², sa densité est la seconde au monde (après le Bangladesh). La capitale de l’île, Taipei, compte environ 3 millions d’habitants.

Taïwan est la 6ème économie la plus riche d’Asie avec un PIB/habitants de 16 800 USD nominal et 30 084 USD en PPA (1).L’économie taïwanaise est largement composée de petites et moyennes entreprises, dont les structures familiales sont capables de s’adapter rapidement aux mutations industrielles et à l’évolution de la demande. 

(1) PPA : Parité de Pouvoir d’Achat

Les tendances économiques taiwanaises
Tout comme le reste de l’économie mondiale, Taiwan a souffert de la crise, notamment en raison de l’ouverture importante de son économie. Les espoirs de voir l’économie insulaire enregistrer une croissance positive se sont effondrés après la baisse de 10,2% du PIB au premier trimestre 2009. 

Le commerce extérieur, moteur principal de l’économie, a en effet été affecté très sévèrement par le ralentissement de la demande mondiale. Ainsi, les exportations et importations ont respectivement régressé de 34,2% et 42,3% lors du premier semestre 2009. La demande interne n’a pas non plus réussi à compenser cette baisse ; les contractions de la consommation privée, de la FBCF (Formation Brute de Capital Fixe) et de la production industrielle ont contribué à détériorer la situation sur le marché de l’emploi ; en août 2009, le taux de chômage s’élevait à 6,13%. Dans ce contexte morose, les signes d’amélioration sont les bienvenus. Ainsi, plusieurs entreprises, notamment dans le secteur des hautes technologies, enregistrent de nouvelles commandes. Néanmoins, cette embellie semble s’apparenter davantage à une reconstitution des stocks des clients de l’île qu’à une réelle tendance de long terme. Sauf à ce que la reprise de la demande mondiale soit vigoureuse et rapide, la récession prévue pour l’ensemble de l’année 2009 sera probablement plus profonde que les 4,25% initialement prévus. L’économie taïwanaise dispose de nombreux atouts grâce à des entreprises très réactives et souvent, au moins pour celles tournées vers l’exportation, à la pointe de l’innovation. Le niveau de richesse de sa population reste élevé, même si son taux d’épargne est exceptionnel pour une société bénéficiant d’une protection sociale élevée et joue contre la consommation. Les programmes annoncés de grands travaux, et maintenant de reconstruction, constituent également des atouts sérieux d’une relance vertueuse de l’économie. Leur impact et leur effet d’entraînement sur l’activité économique pourraient être non négligeables, sans parler de la confiance qu’ils aideraient à restaurer. 

C’est bien le secret de la recette : tous les ingrédients sont là et Taïwan tient dans sa main les éléments qui lui permettront de sortir de cette crise sévère. Reste la confiance, petit élément intangible qui fera tout réussir, si elle revient. Le nouveau gouvernement qui l’a bien compris, a annoncé comme priorités la relance économique, la promotion de l’emploi et… le développement des relations avec la Chine.

Sur un autre plan, les relations entre Taïwan et la Chine ne cessent de s’améliorer. L’ouverture partielle des capitaux taïwanais aux investisseurs chinois, annoncée en mai 2009, par le président Ma, devrait contribuer à l’économie taïwanaise et présenter un réel potentiel face à la crise mondiale. Les 25-26 juin derniers, la troisième session de négociations entre les organismes semi-publics taïwanais et chinois (SEF (1) et ARATS (2)) se clôturait avec la signature de trois accords.

Les deux sessions précédentes (de juin et novembre 2008) avaient permis l’ouverture de liaisons aériennes, maritimes et postales directes, l’autorisation pour les Taïwanais d’investir en Chine (sous certaines conditions), et la mise en place d’une coopération en matière de sécurité alimentaire. 

Parallèlement à la signature ferme des accords mentionnés précédemment, la SEF et l’ARATS ont entamé des discussions sur les deux sujets suivants :- Les investissements chinois à Taïwan : Les investisseurs institutionnels chinois pourront désormais investir plus librement dans les titres cotés à Taïwan (limite fixée à 10-30 % des actifs de la cible selon le secteur). Quant aux investissements immobiliers, ce seront d’abord les entreprises chinoises ayant investi au préalable à Taïwan qui se verront accorder le droit d’acquérir des biens immobiliers, possibilité qu’elles avaient déjà de facto en passant par des sociétés hongkongaises. - la possible signature d’un accord-cadre de coopération économique : Les deux parties ont évoqué le très controversé accord-cadre (ECFA) sans entamer de négociations. Le Conseil des affaires continentales a souligné que la signature d’un tel accord se ferait selon les règles de l’OMC et couvrirait également des sujets allant au-delà du champ de compétence de l’OMC (protection des investissements et non-double imposition en particulier). Le dossier n’est pour l’instant pas à l’ordre du jour de la 4ème session de négociation, prévue fin 2009.

Le gouvernement a orienté et soutenu le développement des secteurs jugés stratégiques par une politique volontaire et ambitieuse d’appui à l’initiative privée, par la mise en place des outils classiques d’incitation (dépense fiscale, régime d’investissement spécifique, etc.) et par l’établissement de relations très étroites et structurées par la puissance publique entre le monde industriel, la recherche scientifique et le secteur financier. 

Le développement industriel taïwanais réside dans ses parcs technologiques et industriels. Le principe de fonctionnement de ces parcs est simple ; il s’agit de concentrer dans un même espace, au moyen d’incitations fiscales, de subventions directes et de volontarisme public, l’ensemble des acteurs d’un même secteur technologique et industriel : laboratoires de recherche, centres d’essais et de développement, sites de production et fournisseurs stratégiques, dans l’objectif d’optimiser les effets de filière. Le foncier des parcs scientifiques appartient au gouvernement. Les sociétés ont deux possibilités : soit louer un bâtiment standard, soit louer le terrain nu et construire leur propre unité, le tout à des prix très attractifs accompagnés de déductions fiscales. Un accès privilégié et peu cher au crédit (taux bonifié) est offert aux entreprises installées sur le site. Par ailleurs, moyennant une redevance, les sociétés jouissent des équipements collectifs (centres d’essais, équipements lourds de recherche, restauration, etc.) mis en place par l’autorité gestionnaire du parc.

 

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