Turquie

Turquie, 4ème pays où les cadres supérieurs sont les plus rémunérés au monde

Saviez-vous que la Turquie était le 4ème pays où les cadres supérieurs sont les plus rémunérés au monde ?! Au-delà de cette image d’eldorado des cadres, qu’en est-il du marché du recrutement en Turquie ?

Saviez-vous que la Turquie était le 4ème pays où les cadres supérieurs sont les plus rémunérés au monde ?! Au-delà de cette image d’eldorado des cadres, qu’en est-il du marché du recrutement en Turquie ? Rémy de Cazalet, qui a lancé en Turquie un des leaders mondiaux du Conseil en Recrutement, nous a donné sa vision de ce marché en pleine mutation.

Interview réalisée dans le cadre d’une collaboration www.lepetitjournal.com Istanbul / Chambre de Commerce Française en Turquie » née en octobre 2009. Tous les mois, un portrait d’entreprise est publié dans les deux supports que sont www.lepetitjournal.com et la Lettre mensuelle de la CCFT, « Les Nouvelles de la Chambre ».

Lepetitjournal.com Istanbul : Quand avez-vous lancéMichael Page en Turquie ?
Rémy de Cazalet : Nous avons ouvert le bureau d’Istanbul en juin 2008 pour répondre aux besoins de clients internationaux qui avaient besoin d’être accompagnés dans leurs recrutements en Turquie. Ces multinationales représentent encore 80 % de notre clientèle et nous avons ainsi participé à l’implantation de compagnies comme H&M, Apple ou Arkadin… Dans un premier temps, nous nous sommes concentrés sur notre activité de recrutement spécialisé dans ce qu’on appelle le « middle-up management », c’est-à-dire sur les postes de cadres supérieurs. Nous envisageons à court-moyen terme de lancer l’activité Page Personnel qui répond à une demande de recrutement spécialisé pour des profils de « middle to junior management » (employés et agents de maîtrise).

Comment a évolué votre activité ?
Comme dans les autres pays émergents qui ont besoin de recruter des gens diplômés et expérimentés, nous connaissons en Turquie une croissance exponentielle. En 2010, nous avons réalisé près de 350 placements, ce qui correspondait à 300 % d’augmentation de chiffre d’affaires par rapport à 2009. En 2011, nous sommes partis sur un rythme très fort, nous devrions atteindre les 500 placements… Ainsi, après à peine 3 ans d’existence, le bureau compte une équipe de 35 personnes, qui devrait s’étoffer à 50 collaborateurs d’ici la fin de l’année. Nous déménageons d’ailleurs ce mois-ci dans de nouveaux bureaux à Kanyon afin de pouvoir accueillir au mieux nos clients et nos candidats. Avec un tel potentiel, Michael Page prévoit aussi de s’implanter dans d’autres villes du pays et d’approcher les pays voisins ; la filiale devrait ainsi atteindre 100 à 150 personnes d’ici 3 ans.

Pouvez-vous nous parler des spécificités du marché du recrutement en Turquie ?
En Turquie, on recrute pour des postes qui se créent, alors qu’en Europe, c’est pour des remplacements… Le marché est donc très dynamique et stimulant… A côté de ça, il y a 250 cabinets de recrutement en Turquie, contre 15 000 en Grande-Bretagne ! Dans le même esprit, il n’y a pas ici de cadre juridique pour le travail temporaire, donc peu de grands acteurs étrangers. On espère d’ailleurs qu’ils arrivent sur le marché pour nous aider à faire évoluer le marché, à le rendre plus professionnel et par là-même plus rentable… Le marché est en effet encore immature. Les entreprises turques ont encore du mal à « outsourcer » ; le recrutement par bouche-à-oreille et le ‘’networking’’ sont encore très ancrés dans les mentalités. Mais cela évolue : les DRH nous considèrent de plus en plus comme des partenaires, et non plus comme des concurrents. C’est aussi un marché très compétitif, avec des marges très faibles…Nos clients ont tendance à se décider sur un seul critère de prix ; à nous de leur apprendre la relation « win to win ». Nos candidats eux sont très axés sur le court terme, leur motivation de changement est bien trop souvent lié qu’à un seul critère : le salaire ; on peut même voir un haut cadre financier hésiter pour 100 TL par mois ! On doit leur apprendre à avoir un vrai projet professionnel et des objectifs à moyen terme.

Quelle est votre vision des candidats que vous rencontrez ?
La première chose qui frappe est la capacité et le sens du travail des Turcs, chose qu’on a malheureusement perdue en Europe... Par ailleurs, on a affaire à des candidats de plus en plus diplômés, qui sortent d’universités prestigieuses comme İTU, l’université du Bosphore, Bilgi ou bien d’autres… Très souvent, nos candidats ont des profils ouverts sur l’international, avec une expérience académique ou professionnelle à l’étranger. Par contre, ces professionnels qualifiés ne représentent encore qu’un faible pourcentage de la population active. En ce qui concerne le top management, les salaires sont très élevés, la Turquie étant ainsi le 4ème pays au monde où les hauts dirigeants sont les plus payés au monde ! Enfin, les Turcs sont aussi très opportunistes dans le sens positif du terme ; ils sont toujours à l’écoute d’une opportunité ; le marché est donc fluide, voire volatile ! Quand nous avons démarré ici, le marché était dans une situation de surenchère sur les salaires (sur demande et inflation) ; on rencontrait des cas de candidats surpayés qui réclamaient des augmentations de pas moins 60 % ! Aujourd’hui, avec la crise, le marché s’est assaini et les candidats sont plus réalistes.

Propos recueillis parMarie-Eve Richet (www.lepetitjournal.com)

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Source : « Les Nouvelles de la Chambre » - Décembre 2010
Publication de la Chambre de Commerce Française en Turquie

Chambre de Commerce Française en Turquie
Raphaël ESPOSITO, Directeur
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