Turquie

Stratégie d'implantation en Turquie

Air Liquide a annoncé un investissement industriel d’envergure en
Turquie le mois dernier, c'est l’occasion d’en savoir un peu plus sur l’un
des fleurons de l’industrie française.

Air Liquide a annoncé un investissement industriel d’envergure en Turquie le mois dernier, c'est l’occasion d’en savoir un peu plus sur l’un des fleurons de l’industrie française. Nous avons rencontré Olivier Randet, qui après 20 ans de carrière chez Air Liquide, a pris la direction générale de la Turquie pour mener à bien ce projet ambitieux.

Lepetitjournal.com Istanbul : Pouvez-vous nous expliquer comment est né le projet en amont ?
Olivier Randet : Pour Air Liquide, leader mondial des gaz industriels et déjà présent dans 75 pays, la Turquie était un des pays industriels majeurs où nous n’étions pas encore implantés. L’industrie turque est solide (gros producteur mondial d’acier, important fabricant d’automobiles… ), le territoire est vaste et l’économie est en forte croissance. La Turquie était donc une évidence ! Le cœur de métier d’Air Liquide consiste, comme son nom l’indique, à séparer les gaz de l’air (oxygène, azote...) en liquéfiant l’air puis en le distillant. Les applications des gaz industriels de nos clients sont multiples et se renouvellent sans cesse, ce qui nous pousse à constamment réinventer notre métier et à anticiper l’avenir. Il est important pour nous de produire proche des bassins de consommation, pour réduire les coûts logistiques. Pour notre activité, s’implanter dans un grand pays comme la Turquie, cela signifie donc produire dans le pays en question. Voilà comment nous sommes arrivés en Turquie.

Vous êtes arrivé fin 2008, quelle a été votre stratégie d’implantation ? Nous avons réfléchi à une stratégie d’entrée de l’intérieur du pays, non pas à partir des bureaux de Paris. Il était essentiel de bien comprendre le pays, d’appréhender les enjeux industriels et aussi de développer notre réseau professionnel afin de nous faire connaître et de prendre les meilleures décisions stratégiques. Pendant plus d’un an, j’ai ainsi sillonné le pays de long en large et je peux vous dire que je connais bien les bassins industriels de Turquie, de la région de Marmara autour d’Istanbul, de l’Egée, jusqu’au Sud de la Turquie à la frontière syrienne vers Iskenderun en passant par Ankara où nous avons choisi de nous implanter !

Justement, pourquoi ce choix d’Ankara ? D’abord, nous avons décidé de commencer par produire en Turquie pour une de nos quatre lignes d’activité, la branche des « Métiers marchands », c’est-à-dire celle qui s’adresse aux petites et moyennes industries comme l’agro-alimentaire, l’automobile… A Ankara, nous allons produire de l’azote et de l’oxygène liquides, ainsi que des gaz en bouteilles pour approvisionner le marché anatolien. Ankara étant un bassin industriel de haute technologie, c’est l’implantation idéale pour apporter de la valeur ajoutée et de la technologie aux industries locales. Nous avons nos propres compétences d’ingénierie et allons monter une usine dernière génération, le projet global, chaîne logistique incluse, s’élève à 35 millions d’euros. Ce n’est qu’un début…, nous comptons ensuite nous développer graduellement dans nos autres branches d’activité : « La Grande Industrie » ( par exemple la fourniture de gros volumes d’oxygène aux aciéries), le secteur de la santé ( hôpitaux et soins à domicile ) et le secteur de l’Electronique ( puces électroniques, cellules solaires,…… ), tous consommateurs de nos produits.

C’est un investissement financier et industriel important, qu’en est-il de votre politique de Ressources Humaines ? C’est un volet essentiel pour nous, je me charge d’ailleurs personnellement du recrutement. Nous avons la chance en Turquie d’avoir de très bonnes universités, comme celle de Galatasaray bien sûr, mais aussi comme le METU* à Ankara, énorme campus de 20 000 étudiants, et beaucoup d’autres encore. Air Liquide a d’ailleurs été sélectionné pour fournir les gaz spéciaux et ultra-purs ainsi que les installations de mise en oeuvre au laboratoire de recherche sur les cellules solaires de METU (projet Günam), une excellente vitrine high tech pour l’avenir ! Nous avons aussi recruté un jeune ingénieur de Galatasaray, que nous avons expatrié en France pour le former à nos pratiques métiers. Nous comptons beaucoup nous appuyer sur les talents et l’esprit entrepreneur des Turcs pour contribuer à notre développement en Turquie.

* METU : Middle East Technical University

 

Propos recueillis par Marie-Eve Richet (www.lepetitjournal.com Edition Istanbul)

 

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Interview réalisée dans le cadre d’une collaboration www.lepetitjournal.com Istanbul / Chambre de Commerce Française en Turquie. _____________________________________________________________________

Source : « Les Nouvelles de la Chambre » - Décembre 2010
Publication de la Chambre de Commerce Française en Turquie

Chambre de Commerce Française en Turquie
Raphaël ESPOSITO, Directeur
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