Japon

L’industrie automobile mondiale suspendue au redémarrage des équipementiers japonais

Akebono Brake Industry revient sur l’impact du manque de pièces japonaises à l’échelle mondiale et livre son analyse des perspectives du marché automobile en 2011.

Akebono Brake Industry revient sur l’impact du manque de pièces japonaises à l’échelle mondiale et livre son analyse des perspectives du marché automobile en 2011.

Entretien avec Hisataka Nobumoto, Chairman, President & CEO d’Akebono Brake Industry Co., Ltd

Akebono Brake Industry est l’un des principaux équipementiers spécialisés dans la conception et la fabrication de freins pour l’industrie automobile. Ses produits sont utilisés par de très nombreux constructeurs automobiles : Toyota, Nissan, General Motors, Chrysler, Audi, etc… Hisataka Nobumoto revient sur l’impact du manque de pièces japonaises à l’échelle mondiale, et en s’appuyant sur les informations disponibles aujourd’hui, il nous livre son analyse des perspectives du marché automobile en 2011.

Plusieurs de vos unités de fabrication et de vente sont situées dans le Tohoku. Votre activité a-t-elle été fortement impactée par les événements du 11 mars ?
Nous avons 3300 employés au Japon et heureusement, aucun d’entre eux n’a été blessé. Une heure après le séisme nous avions déjà installé une cellule de crise pour gérer les difficultés dans les zones dévastées. Cette cellule reste active aujourd’hui, mais nous avons rétabli un fonctionnement normal dans l’ensemble de nos unités depuis le 21 mars. Seul notre circuit d’essai, situé à 35 km de la centrale de Fukushima, reste à l’arrêt. Pour le redémarrage de ce site, nous dépendons des décisions gouvernementales concernant le périmètre de sécurité autour des installations nucléaires. Cela n’impacte pas notre activité à court terme et nous sommes aujourd’hui en mesure de répondre à toutes les commandes que nous recevons.

Comment expliquez-vous que le manque de certaines pièces fabriquées au Japon paralyse l’ensemble de l’industrie automobile mondiale ?
Depuis plusieurs années, les équipementiers ont eu tendance à rapprocher leurs usines de fabrication au plus près de leurs clients, en favorisant la production au sein d’unités locales aux Etats-Unis, en Europe, en Chine, etc…. Cependant, pour certaines pièces aux caractéristiques techniques spécifiques et à haute performance, la production reste concentrée au Japon. Leurs caractéristiques font qu’elles ne peuvent être remplacées rapidement par d’autres composants. Elles sont en outre fabriquées avec des matériaux spécifiques dont il est difficile de trouver des substituts. Les microcontrôleurs (MCU) font partie des composants les plus recherchés actuellement par les constructeurs automobiles, notamment pour la production de véhicules hybrides. Un fournisseur japonais représente à lui seul 40% de la production mondiale pour ce produit, et l’une des principales usines japonaises a été contrainte de suspendre sa production suite aux dégâts provoqués par le séisme. Pour certaines pièces, il existait déjà une situation de pénurie liée aux effets de la crise provoquée par la faillite de Lehman Brothers. C’est le cas notamment des matières premières telles que le caoutchouc synthétique. Cette situation de pénurie résulte également d’un problème structurel des équipementiers japonais, à savoir leur structuration en « diamant ». Les fournisseurs de second rang sont de petites sociétés, alors que ceux de 4ème ou 5ème rangs sont généralement de grosses compagnies. Les fournisseurs de caoutchouc entrent dans cette catégorie et ont été les plus touchés par les tragiques événements du Tohoku.

À quelle échéance peut-on envisager un retour à la normale sur le marché automobile ?
Les constructeurs japonais sont très inquiets des dommages subis par leurs fournisseurs et ils ont proposé leur aide pour permettre une reprise rapide de la production. À la demande de ces constructeurs, Akebono Brake va aussi mettre ses usines à disposition pour fabriquer les pièces d’autres équipementiers. Le stock existant de pièces est suffisant pour permettre la production de véhicules jusqu’en juin. Mais si les stocks ne sont pas renouvelés d’ici là, des problèmes pourraient apparaître fin juin. Grâce aux efforts de chaque société pour redémarrer son activité, la production pourrait rebondir à partir d’octobre, ce qui permettrait de limiter la baisse à -9% dans le monde en dehors du Japon sur l’ensemble de l’année fiscale 2011 (-14% au Japon).

Comment allez-vous gérer l’inquiétude des clients étrangers face à l’hypothétique présence de radioactivité sur les produits provenant du Japon ?
Nous avons effectivement déjà reçu quelques demandes de clients réclamant la réalisation de contrôles supplémentaires ou la fourniture de certificats. Ces requêtes me semblent injustifiées. Nous effectuons des mesures régulières de radioactivité dans nos usines et si nous détections la moindre trace de substances radioactives, notre première préoccupation serait de préserver la santé de nos employés qui manipulent les produits. Il me semble important que les institutions étrangères telles que la Chambre de Commerce aident les sociétés japonaises vis-à-vis de ces questions, en fournissant des informations en toute transparence pour mettre fin aux inquiétudes irrationnelles et rétablir la confiance de nos partenaires dans le monde.

Un article issu de [La Lettre Mensuelle->http://www.lalettremensuelle.fr/], une publication de la Chambre de commerce et d’industrie française du Japon.

Contact : Chambre de commerce et d’industrie française du Japon
Marie Ezaoui , Presse et Publications
Tél : 03-3288-9632 - Fax : 03-3288-9558
@ : [m.ezaoui@ccifj.or.jp->m.ezaoui@ccifj.or.jp] - Site : www.ccifj.or.jp

 

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