Espagne

Douche froide pour la filiale espagnole EADS lancée par le Pentagone

Boeing a remporté face à EADS l’attribution de 179 avions de ravitaillement en vol pour l’US Air Force, estimée à plus de 28 milliards d’euros.

Boeing a remporté face à EADS l’attribution de 179 avions de ravitaillement en vol pour l’US Air Force, estimée à plus de 28 milliards d’euros.

La décision du Pentagone a été une véritable douche froide pour le constructeur européen qui espérait que la décision finale eu été une attribution partagée qui lui aurait permit de renforcer sensiblement sa position au Etats-Unis.

La proposition gagnante de Boeing se base sur un avion 767 adapté. Le groupe nord-américain a dès le début des négociations, défendu son aéronef comme « plus économique au fonctionnement et à l’entretien que celui d’EADS ». Il permettrait ainsi d’économiser 7,9 milliards d’euros de combustible en plus durant les 40 prochaines années.

Néanmoins, jusqu’au dernier moment des négociations, le géant européen a lutté pour faire une offre plus intéressante. Pour cela, il avait passé un accord avec un groupe de 200 entités nord-américaines avec lesquelles il prévoyait la création d’une usine d’assemblage à Mobile (Alabama) qui lui aurait permit de monter les avions A330. Dès lors, les autorités de cet état avaient réalisé d’importantes campagnes de lobby en faveur du groupe présidé par Louis Gallois.

De plus, l’enjeu était important pour la filiale espagnole d’Airbus Military, qui a piloté ce projet en tant que responsable des avions militaires de EADS.

Coup dur pour l’Espagne
La division dirigée par Domingo Ureña a développé la technologie de ravitaillement en vol des aéronefs qui se nomme système Boom (une perche se décroche de l’avion et entre en contact avec un appareil qui vient le ravitailler). Environ 10% du chiffre d’affaires généré par ce contrat aurait été destiné à l’Espagne.

Une fois la décision prise, il semble logique que le gouvernement américain soutienne son champion de l’aéronautique. Mais les semaines précédentes la décision, les signes étaient positifs pour la compagnie européenne. Et il y a une semaine à peine, l’influente équipe d’analystes de l’américain Teal Group avait misée pour une attribution partagée. D’autres célèbres analystes liés à Boeing avaient constaté que la proposition d’EADS avait reçu une meilleure notation que celle du constructeur américain.

EADS a exprimé hier dans un communiqué, sa « préoccupation et sa déception devant la tournure des événements » et a laissé la porte ouverte à une éventuelle protestation de cette décision. « Nous sommes très intéressés pour discuter avec l’US Air Force sur comment ils sont arriver à cette conclusion. Les aéronefs qu’ils ont sélectionnés possèdent un niveau élevé de risques de programmation alors que notre modèle est un avion qui a déjà été testé avec de meilleures capacités » avança la compagnie européenne.

Cette lutte pour ce contrat a été la plus enflammée qu’ont tenu les deux géants de l’aéronautique jusqu’à présent. C’est la troisième fois qu’ils s’affrontent pour cet appel d’offre. Le premier avait également été remporté par Boeing, mais annulé en 2003 après une enquête menée par John Mc Cain.

Après cet épisode, il y eu une seconde convocation en 2008 que remporta EADS (en consortium avec l’américain Northrop Grumman). Cependant, en septembre de cette même année, le Pentagone annula le contrat après les protestations de Boeing.

La réouverture du dossier, qui inclut en plus de nouvelles normes plus adaptées aux exigences de la compagnie américaine, provoqua un choc entre le gouvernement des Etats-Unis et la Commission Européenne, après que se soit ouvert un nouvel appel d’offres. Et à cette occasion, c’est Boeing qui est reparti avec le méga contrat.

Mais pour cette troisième fois, EADS pourrait ne pas être le vaincu et la porte aux plaidoyers reste ouverte. L’erreur du Pentagone de décembre dernier qui en envoyant des informations sur la proposition d’EADS à Boeing et vice versa, a permis aux deux entreprises de connaître l’évaluation faite pour chacune des deux. Les deux colosses ont pu voir les notations de leur concurrent avant de présenter leur offre finale, ce qui peut donner lieu à de nouvelles réclamations et par conséquent une nouvelle annulation.

 

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