Japon

Créations d’entreprises au Japon : la parole aux entrepreneurs

{{Ces 6 jeunes professionnels français ont fondé leur entreprise depuis 2008. Ils
reviennent sur leur parcours.}}

Ces 6 jeunes professionnels français ont fondé leur entreprise depuis 2008. Ils reviennent sur leur parcours.

Des sentiments à la prise de risque
Parmi les 6 entrepreneurs que nous avons rencontrés, 4 sont venus au Japon pour des raisons personnelles. Une fois sur place, certains ont d’abord cherché un emploi, d’autres ont souhaité immédiatement créer leur entreprise. Tous ont pris un risque très important, financier, humain, et s’ils n’ont pas de cheveux blancs, ils avouent avoir vécu des moments très difficiles.

Trouver le bon rythme de développement
La question du financement de leur activité professionnelle est au coeur de leurs préoccupations : "Il est très difficile de trouver le bon tempo pour le développement d’une structure. À chaque signature de contrat, il faut décider s’il est temps de recruter pour faire passer un cap à l’entreprise ou s’il vaut mieux tenter de garder de l’argent de côté en cas de coup dur", explique Guillaume Hansali, fondateur de Wizcorp (création en juillet 2008 - prestataire en web technology), dont les effectifs sont passés de 3 à 7 personnes en quelques mois. "Nous avons eu beaucoup de chance sur le recrutement, nous sommes passés par un site de petites annonces. Les personnes qui ont rejoint l’équipe ont permis d’enrichir notre offre de services ; ils ont permis à Wizcorp de passer un cap."

Le recrutement sur le coeur du métier et le reste
La création d’entreprise implique souvent de proposer une offre spécifique, et la démarche de recrutement doit suivre ce positionnement : "En tant que petite structure, nous nous devons d’effectuer un plus grand travail d’explication auprès des candidats", raconte Jérôme Finck, un des fondateurs de Global Advisory Japan (mai 2009 - conseil en fusions et acquisitions). "Nous sommes passés par des chasseurs de tête car notre activité est sensible et nous ne pouvons pas prendre de risque sur la qualité des personnes embauchées. En revanche, nous avons éprouvé plus de difficultés à repérer et sélectionner les prestataires pour la gestion des problématiques RH, la mise en place du système informatique que nous ne voulions pas assumer en interne. Pour ce qui est de la fonction de secrétariat, nous avons utilisé les services du centre d’affaires avec bureaux équipés où nous nous sommes installés. Le problème est que ces services coûtent chers, donc maintenant que l’activité est en place, nous allons pouvoir déménager dans des bureaux autonomes." Cet autre entrepreneur confie : "J’espérais pouvoir embaucher plus vite des employés, mais je me suis rendu compte que je ne disposais pas encore d’un nombre suffisant de clients, d’autant qu’ils ont souvent besoin de 2 à 3 mois pour payer leur facture. Alors j’ai repris en main ce que j’avais commencé à déléguer et je contrôle davantage mes coûts."

Réussir à prendre son temps
Frédéric Dumabin a fondé Groupe GP (2009 - agence de conseil aux particuliers) avec ses propres deniers, ce qui implique qu’il a dû prendre en charge dans les premiers mois tous les aspects de la vie de l’entreprise : "Les étapes du développement de Groupe GP interviennent dans l’ordre que j’anticipais mais parfois avec plus de lenteur que ce que j’espérais". Impatience somme toute légitime pour ce jeune professionnel qui a toujours souhaité se lancer à son compte. La force de ce jeune créateur est de suivre le plan d’action qu’il s’est fixé, sans précipitation : "J’apporte une grande attention à la qualité des documents de présentation de Groupe GP et ma communication est toujours très informative, axée sur les besoins réels des gens. D’ailleurs, mon offre de services évolue à la marge selon les attentes des personnes que je rencontre".

Viabilité - Crédibilité
La démarche de Frédéric Dumabin s’explique par une volonté de fonder la crédibilité de Groupe GP. Un des créateurs que nous avons rencontré avoue : "Dans les premiers mois, je disposais d’une visibilité à 2 à 3 semaines et je craignais toujours de ne pas pouvoir payer mes 2 employés. Aujourd’hui, nous disposons d’une visibilité à 2 à 3 mois. Cela peut encore paraître faible, mais pour nous c’est une immense bouffée d’oxygène !" Olivier Martinez, fondateur de Vidéo Solutions (janvier 2009 - solutions vidéos pour le marketing, la vente et la communication), fait de la démonstration de la durabilité de son entreprise un point d’honneur : "Beaucoup de personnes nous demandaient si nous étions des free-lance... Nos premières commandes nous ont permis d’asseoir notre réputation et de montrer notre capacité à travailler sur le long terme". Cette volonté l’a conduit entre autres choses à installer les bureaux de Vidéo Solutions à Omotesando. Guillaume Hansali abonde dans le même sens : "Nous faisons nous aussi partie des entreprises fondées avec un capital minimal d’un yen. Ce fut un handicap important en terme d’image au début. Il nous a fallu redoubler d’efforts pour passer outre cette faiblesse. La satisfaction de nos premiers clients s’est avérée décisive puisqu’ils nous ont recommandé à d’autres entreprises qui nous ont ensuite contacté. En nous présentant, nos premiers clients nous ont donné la crédibilité que le statut de l’entreprise ne nous permettait pas d’acquérir".

La démarche commerciale
Être petit au Japon n’est pas une sinécure : "Je dois rappeler à mon commercial qu’il ne doit pas constamment s’excuser de ne pas représenter une major !", explique l’un d’entre eux. De son côté, Pierre-Olivier Martin, fondateur de Libre Tech (août 2009 - services informatiques, sécurité et open source), témoigne du fait que la prospection commerciale, aussi dure soit-elle, peut apporter son lot de bonnes surprises : "Une entreprise depuis devenue cliente de Libre Tech a entendu parler de nous, mais pour être honnête, je n’aurais jamais pensé à la contacter, je n’avais même que peu de chance de découvrir l’existence de cette structure !". Être petit peut aussi être une force. Wedovideo (juillet 2008 - conception et production de contenus audiovisuels et multimédias) dispose d’une équipe de 5 personnes. Son fondateur, Alexandre Bartholo, insiste sur la capacité de réactivité de son équipe. "Nous pouvons travailler pour de grandes entreprises en direct et proposer des services de qualité à des coûts acceptables." Cette force de frappe est rendue possible par le capital initial dont disposait le fondateur et de l’appui que d’autres investisseurs ont apporté à son projet : "Nous souhaitons être très en pointe sur la modernité de notre matériel afin de proposer le meilleur à nos clients, avant les autres." Une ambition qui a un coût et implique de pouvoir trouver un partenaire capable de soutenir la croissance de l’entreprise.

Pour les créateurs d’entreprise, la CCIFJ propose une palette de services opérationnels et de networking : - Un service de domiciliation - Des solutions pour le recrutement / des formations qui permettent de bénéficier de séminaires inter-entreprises - Des publications - l’inscription dans l’annuaire de la CCIFJ - Des événements pour s’informer sur le marché japonais et rencontrer d’autres professionnels avec possibilité de networking

Un article issu de [La Lettre Mensuelle->www.lalettremensuelle.fr], une publication de la Chambre de commerce et d’industrie française du Japon.

Contact : Chambre de commerce et d’industrie française du Japon
Nobuko Yoshida – @ : [n.yoshida@ccifj.or.jp->n.yoshida@ccifj.or.jp]
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