Algérie

Alstom Algérie - En Algérie, certains projets pourraient être décalés mais pas annulés

Dans une interview, Gianluca ERBACCI, Vice-président d’Alstom pour la région Moyen-Orient/Afrique, revient sur l'important programme d’investissement en Algérie de la société Alstom (interview parue sur le quotidien El WATAN).

La chute des cours du pétrole touche de plein fouet les pays producteurs. Y a-t-il un impact sur vos activités dans la région ?Je pense que les besoins en transport en commun sont tellement importants que si impact il doit y avoir, il sera limité. Les pays producteurs de pétrole vont peut être souffrir un peu. Les pays qui n’ont pas beaucoup de moyens financiers vont chercher des crédits à l’export.
Ce qui les intéresse c’est d’avoir des paiements différés (prêts à long terme). Certains projets auront quelques mois de retard, d’autres seront lancés lentement, mais je ne vois pas, à court terme, de projets annulés.
Je vois peut être des réductions de budget ou de longueur de tracés, mais les besoins sont tellement forts qu’à mon avis, il sera plutôt question de redéfinition de la taille des projets. Je vois que des appels d’offres continuent à être lancés à La Mecque, Dubaï, Oman, au Maroc, en Turquie, etc. L’impact existe, mais je reste optimiste quant à la faisabilité des projets.

On reste donc sur les mêmes perspectives de croissance...
Aujourd’hui, je ne change pas mes prévisions de business dans la région.


En Algérie, la baisse des cours a conduit le gouvernement à revoir ses priorités et on parle de projets reportés, notamment dans le ferroviaire. Quelle incidence pour Alstom ?
Nous avons plusieurs projets en cours qui n’ont pas été ralentis. Il y a un programme d’investissement très important en Algérie et les discussions continuent. Peut-être que quelques projets seront décalés dans le temps, mais je ne vois pas de projets annulés ou supprimés. Pour l’instant, les discussions que nous avons portent sur un réaménagement des priorités.
Dans le tramway, l’Entreprise du métro d’Alger a lancé un programme pour dix villes et ce programme est maintenu pour l’instant. Il y a une deuxième tranche pour certaines villes dont on ne connaît pas encore l’échéance.
C’est peut être là qu’on pourrait voir un impact, mais nous sommes confiants que les autorités algériennes décideront pour le mieux selon la disponibilité des budgets. Ce que nous avons déjà en construction est très important et les travaux avancent.
Nous avons cinq projets de tram en cours avec l’EMA, un projet terminé avec l’Anesrif et nous sommes adjudicataires depuis le mois d’août pour 17 automotrices bi-modes (électrique et diesel) pour lesquelles on attend l’ordre de service pour démarrer.
Nous restons en contact avec nos clients, grâce notamment à notre présence et notre management locaux très forts. Il y a 600 personnes en Algérie pour Alstom Transport. Nous suivrons les priorités que nos clients donneront aux différents constructeurs.

Pour l’heure, vous n’avez eu connaissance d’aucun projet gelé ou abandonné..
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Non, au contraire. Nous voyons des appels d’offres qui sont sortis. Pour l’extension du métro d’Alger, un appel d’offres a été lancé pour de nouvelles voitures. Les choses continuent d’avancer. Nous avons nos tramways en cours d’assemblage au niveau de l’usine Cital (Annaba) pour alimenter les différentes villes. On n’a pas de projet arrêté. 

Justement, concernant Cital, il est question de l’élargissement de sa production de rames de tram vers les trains et ses activités vers l’export. Où en est-on sur ces dossiers ?
Pour les rames, la première vingtaine est en cours réalisation. Il sera question d’exportation quand on aura satisfait la demande locale, qui est déjà très importante. Quant à l’élargissement de la fabrication de Cital aux trains urbains, nous sommes en cours de préparation du projet, mais ça se fera en coordination avec nos partenaires. Il faut d’abord mettre en place un business plan. Il faudra former les ressources humaines, trouver les partenaires sous-traitants. C’est différent de ce qui se fait avec les rames de tramway.
C’est une autre technologie, carrément une nouvelle usine à côté de celle qui existe déjà. Pour le tram, nous commençons à sous-traiter certains composants et nous prévoyons d’augmenter le nombre de nos sous-traitants. Mais le tissu industriel doit se développer. C’est un travail pour les PME, c’est-à-dire des entreprises qui ont entre 30 et 50 employés.

La région du Moyen-Orient est très dynamique en termes de transport ferroviaire urbain. Quelle est la différence avec l’Afrique du Nord ?
La dynamique et la croissance du business sont similaires. Si vous prenez le cas de l’Algérie, la vitesse des investissements est encore énorme. Le Maroc, la Tunisie et l’Egypte investissent aussi, mais c’est dans la destination de ces investissements qu’il y a une différence. Au Moyen-Orient, c’est plutôt le métro, parce que ce sont de grandes villes avec beaucoup de trafic.
En Afrique du Nord, c’est plus le tram. Il y a aussi une politique de transport interurbain. Le Maroc investit plus dans les lignes à grande vitesse, l’Algérie commence à investir dans les transports régionaux. L’Arabie Saoudite, c’est aussi la grande vitesse. L’Irak doit investir pour reconstruire totalement le pays. Je ne vois pas trop de différence et les taux de croissance dans la région Middle East Africa sont à peu près pareils entre l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, avec peut-être des spécificités sur les types de projet.

Pour en savoir plus sur le marché algérien
CCIF Algérie
Ryan KADA
r.kada(@)cciaf.org
www.cciaf.org 
Tél.: +213 21 74 72 77 poste 134

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