Turquie

Turquie : de nouvelles perspectives économiques suite à la visite de François Hollande

20 milliards d’€ d'échanges bilatéraux, des investissements
croisés, des échanges plus nombreux et des coopérations concrètes dans tous les domaines … tels sont les principaux objectifs économiques fixés par le Président F. Hollande lors de sa visite d’Etat en Turquie.

Suite au déplacement du Président François Hollande en Turquie à la fin du mois de janvier dernier, la Chambre de Commerce et d'Industrie française en Turquie a souhaité s'exprimer par l'intermédiaire de sa présidente Zeynep NECİPOĞLU.
L'éditorial qui suit est extrait de la Lettre mensuelle de la CCI française en Turquie datée du 3 février 2014.

C'est un déplacement délicat mais ô combien nécessaire qu’a effectué avec succès le Président François Hollande les 27 et 28 janvier derniers en Turquie dans le cadre d’une Visite d’Etat dont la précédente remontait à 1992.

Délicat car cette visite s’inscrivait dans un contexte :
- de relations bilatérales particulièrement houleuses sous la Présidence de son prédécesseur Nicolas Sarkozy : opposition ferme à toute perspective d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, projet législatif de pénalisation de la négation du « génocide arménien » début 2012,
- de grandes tensions socio-politiques en Turquie depuis mai 2013 : manifestations antigouvernementales sévèrement réprimées au courant de l’été 2013, scandale de corruption sans précédent en décembre 2013 touchant le parti au pouvoir, contraignant trois ministres à la démission et précipitant un remaniement ministériel d'ampleur,
- de ralentissement économique (baisse sensible de la croissance depuis 2012, pressions inflationnistes en Turquie, stagnation sinon récession en France) et de crise monétaire (dévissages à répétition de la livre turque par rapport à l’euro et au dollar),
- de période pré-électorale en Turquie et en France : élections municipales dans les deux pays en mars, élections européennes dans l’UE en mai, élection présidentielle en Turquie en août et élections sénatoriales en France en septembre 2014.

Nécessaire car cette visite doit sonner un nouveau départ dans les relations entre deux grands pays d’Europe et du bassin méditerranéen. « (…) cette visite d'État (…) aura été une étape importante (…), une volonté commune entre la France et la Turquie d'aller de l'avant. Je suis venu avec sept ministres, et des parlementaires qui sont à la tête des groupes d'amitié, aussi bien au Sénat qu'à l'Assemblée nationale, le député qui représente les Français de l'étranger, de nombreux chefs d'entreprise, des intellectuels... Il fallait avoir une délégation qui puisse prendre en compte 22 ans sans visite d'État, ici en Turquie, d'un président de la République française ! » a rappelé le Président dans son allocution prononcée devant la communauté française. Tout était dit.

Hormis les discussions à portée plus politique comme celle liée à la poursuite des négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE, la visite du Président a également donné l’occasion de renforcer les relations économiques entre les deux pays, marquées par l’absence d’investissements turcs significatifs en France, par un net ralentissement des investissements français en Turquie, d’un léger recul des échanges commerciaux entre les deux pays et d’une baisse de la part de marché de la France en Turquie, passée de 6,2% en 2004 à 3,6% en 2012. A cette occasion, une dizaine d’accords de coopération franco-turque ont été signés (énergie, transports, TIC, recherche, forêts, …).

Comme annoncé à plusieurs reprises par la Chambre de Commerce et d'Industrie française en Turquie, cette visite doit permettre de poser les bases d’un véritable nouveau départ pour les relations franco-turques et contribuer à une meilleure connaissance mutuelle de nos besoins et atouts réciproques. Elle doit également viser à améliorer le climat général des affaires franco-turc mis à dure épreuve depuis le début de ce siècle et à renforcer la coopération économique franco-turque.

Remplissant son rôle de « force de proposition » au service de la Communauté d’affaires franco-turque, la Chambre de Commerce et d'Industrie française en Turquie a posé les questions de base ci-après à l’occasion de différents échanges et des tables rondes à haut niveau qui ont accompagné cet exercice. Des questions que la Chambre apprécieriz de voir traiter lors des futures visites ministérielles annoncées par le Président Hollande :

  1. Une dynamisation de la coopération franco-turque ne passerait-elle pas par un rééquilibrage du nombre d’implantations turques en France, quasi inexistantes aujourd’hui, par rapport à celui des entreprises françaises en Turquie, faisant de la France ici un investisseur majeur et le premier investisseur en production manufacturière ? 
  2. Le renforcement de coopérations entre opérateurs français et turcs dans le cadre de grands contrats d’infrastructures ou de projets industriels en Turquie, en France ou sur des marchés tiers ne devrait-il pas être promu afin de capitaliser sur leurs complémentarités ? 
  3. Une amélioration du cadre législatif et réglementaire en Turquie (assouplissement du droit de timbre en Turquie, révision de la convention fiscale bilatérale, concertation préalable sur les nouvelles règlementations dans l’UE comme en Turquie, simplifications douanières concernant notamment les procédures et délais liés à certaines autorisations de mise sur le marché, de produits pharmaceutiques et agroalimentaires en Turquie par exemple) ne favoriserait-elle pas une augmentation des investissements français en Turquie, parfois bridées, actuellement, par un certain manque de visibilité ? 
  4. La coopération économique bilatérale ne se verrait-elle pas renforcer par une promotion de l’offre de chacun des pays autour de thématiques non concurrentielles voire complémentaires autour de forums économiques et de séminaires “Partenariats Public Privé” (PPP) franco-turcs réguliers ? 
  5. Le déploiement de l’action en Turquie de l’Agence Française de Développement (important prêteur, notamment en faveur des municipalités turques) afin de développer le volume de prêts qui pourraient être consentis à la Turquie ne pourrait-il être orienté de façon à privilégier le développement de consortiums franco-turcs ? 
  6. La signature d’accords de coopération entre organismes de recherche français et turcs, entre pôles de compétitivité français et organismes sectoriels turcs n’encouragerait-elle pas l’émergence d’une offre de technologies développées en commun sur les deux marchés comme sur des marchés tiers ? 
  7. Favoriser les visites croisées en France et en Turquie de grands donneurs d’ordre privés (projets sur les marchés nationaux comme sur des pays tiers – Afrique, Moyen-Orient, Caucase et Asie centrale) n’encouragerait-il pas les entreprises des deux pays à coopérer entre elles ?
  8. La relance des comités paritaires sectoriels sous la tutelle des Ministres français et turcs concernés avec un élargissement aux représentations professionnelles privées concernées ne permettrait-il pas de mieux coopérer, de développer des partenariats, d’identifier les besoins et de proposer des solutions dans l’intérêt des deux pays et de leurs entreprises ?

 

Autant d’axes de travail auxquels la CCI française en Turquie souhaiterait se voir associer avec ses membres…

Ils doivent permettre de contribuer à ce que l’image de la Turquie contemporaine se dessine enfin avec davantage de réalisme en France, de façon à ce que le potentiel de son marché et la compétitivité de ses entreprises soient reconnus à leur juste valeur faisant du marché Turc une priorité pour les entreprises françaises de toutes tailles.

Voilà la mission que la Chambre de Commerce française en Turquie se donne pour l’avenir, à son niveau et en partenariat avec le réseau des CCI de France, dont le Président, André Marcon, accompagnait le Président de la République française, effectuant à cette occasion sa quatrième visite en Turquie depuis fin novembre 2012 et montrant ainsi sa prise de conscience de l’intérêt stratégique de ce marché pour les entreprises françaises.

 

Contact à la Chambre de Commerce et d'Industrie Française en Turquie
Raphaël ESPOSITO - Directeur
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Tél : (+90 212) 249 29 55
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