Positionner l'international dans le cœur de stratégie de l'entreprise

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Ou comment revoir les modes de pensée et d'action publiques pour les adapter aux problématiques des entreprises qui souhaitent s'internationaliser.

À l’heure où les pouvoirs publics mènent une évaluation de l’ensemble des dispositifs d’appui aux entreprises, la CCI Paris Ile-de-France a entrepris de revisiter l’ensemble des obstacles à l’internationalisation des entreprises.

Trois questions à Messieurs Karpeles et Eygreteau
Membres de la CCI Paris Ile-de-France
Rapporteurs au nom de la Commission Économie et Croissance

Pourquoi un nouveau rapport sur la faible internationalisation des entreprises françaises ? Le diagnostic est-il suffisamment différent pour changer les politiques ?

Jean-Claude Karpeles – Nous souhaitions avoir une démarche bottom-up qui parte de l’entreprise, de ses contraintes et de ses forces plutôt qu’une approche top-down qui s’attache à l’offre de soutien et d’accompagnement. Par ailleurs, nous souhaitions vérifier, sur le terrain, que la réponse aux besoins de développement international des entreprises sous forme de soutiens financiers n’était pas la réponse appropriée à leurs vraies difficultés sur le terrain. De fait, si le diagnostic confirme des facteurs déjà connus et/ou surdimensionnés quant à leur importance, il met aussi en exergue des facteurs moins connus des politiques publiques : l’absence de stratégie à long terme de la part des entreprises, des approches commerciales inabouties…, tordant ainsi le cou à quelques idées reçues.

Alain Eygreteau – Le diagnostic est le résultat d’un travail en trois volets : 1/ audition de 30 entreprises franciliennes (TPE, PME et ETI), 2/ échanges au sein d’un groupe de travail Élus et Conseillers internationaux de la CCI Paris Ile-de-France et 3/ enquête auprès des entreprises pour avoir leur point de vue sur les pistes de recommandation. Il en ressort notamment deux idées-force : la première est que les obstacles internes sont souvent plus importants que les facteurs externes dans les difficultés d’internationalisation ; la seconde est que les dirigeants d’entreprise ont des attentes très fortes en matière d’échanges et de conseils avec d’autres chefs d’entreprises.

Quels sont, selon vous, les éléments qui doivent participer à une évolution des modes de pensée et d’action en matière de développement international des entreprises françaises ?

Jean-Claude Karpeles – D’une manière générale, nous sommes aujourd’hui plus que jamais convaincus que le développement international des entreprises dépend essentiellement de l’ambition qu’elles se donnent. C’est là une condition sine qua non. Dès lors, il apparaît important d’être plus sélectif dans la politique de soutien aux entreprises et de leur apporter une offre de prestations à plus forte valeur ajoutée. De même, il est temps de dire haut et fort que le portage par des grands groupes – à quelques exceptions près – est une formule qui ne fonctionne pas et qu’il faut que les TPE-PME s’orientent vers d’autres voies. Il faut ainsi revenir à un principe de réalité et à un principe de bons sens.

Quelles mesures spécifiques préconisez-vous justement pour pallier ces situations ?

Alain Eygreteau – Sur ce dernier point – et ce sont les entreprises qui portent ici les préconisations –, il serait particulièrement opportun de s’appuyer, désormais, sur les entreprises de taille intermédiaire (ETI) pour renforcer les relations inter-entreprises et notamment le portage. Mais, au-delà de cet aspect crucial, il est aussi essentiel que les entreprises, qui souffrent d’un manque de ressources humaines ou d’un problème de taille, acceptent de se regrouper avec d’autres. Il est aujourd’hui des expériences en ce sens qui marchent, notamment pour répondre à des appels d’offre internationaux. Une deuxième mesure essentielle consisterait à recentrer les prestations aux entreprises sur les besoins d’échanges avec d’autres entreprises – l’on pense à un mentorat international dans le cadre de l’IME par exemple – et de réseautage. S’ouvrir aux autres est indispensable dans la mondialisation. À nous, organismes prestataires d’accompagner le mouvement…

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Corinne VADCAR - Département Prospective internationale
@ cvadcar(@)cci-paris-idf.fr
Tél : 01 55 65 75 42