Japon

Pierre Moscovici, réaliste et volontariste

En visite à la CCIFJ, Pierre Moscovici, le ministre de l’Économie et des Finances a commencé par une citation du président de la République lors de sa première conférence aux Ambassadeurs : « Je considère que le Japon, troisième puissance économique du monde, grand partenaire de la France, n'a pas reçu toute l'attention qu'il méritait ces dernières années et je m'emploierai personnellement à corriger cette situation ».

S’il fallait une preuve de la nouvelle attention que le gouvernement français porte au Japon, on pouvait la trouver ce 12 octobre 2012, lors du petit déjeuner organisé par la CCIFJ à l’occasion de la visite de Pierre Moscovici au Grand Hyatt. Le ministre de l’Économie et des Finances a commencé par une citation du président de la République lors de sa première conférence aux Ambassadeurs : « Je considère que le Japon, troisième puissance économique du monde, grand partenaire de la France, n'a pas reçu toute l'attention qu'il méritait ces dernières années et je m'emploierai personnellement à corriger cette situation ». Il a lui-même reconnu : « Nos relations commerciales sont plus faibles que ce que je pensais ». Pierre Moscovici avait été précédé quelques jours plus tôt par la ministre de la Recherche Geneviève Fioraso, celle des Français de l’Étranger Hélène Conway-Mouret, et il devrait être suivi dans les prochains mois par d’autres collègues.


Pierre Moscovici n’était pas là pour masquer les difficultés de l’Europe et de la France. « L’Europe traverse une crise évidente depuis 2008. Petit à petit, trop lentement et trop laborieusement, elle est en train de sortir de l’ornière. Nous savons ce qu’il faut faire, mais il y a encore trop de tergiversations aux niveaux nationaux » a-t-il déploré avant de souligner que « la dimension existentielle de la crise est passée ». Pour ce qui est de la France, il a pointé deux déficits, celui des comptes publics et celui de la compétitivité. Premier dossier : la réduction des déficits publics passe par de très lourdes économies budgétaires. « Il faut les faire, faute de quoi nous serions sanctionnés par les marchés et pourrions nous trouver dans la situation espagnole ». Sur le dossier compétitivité, Pierre Moscovici a rappelé les 70 milliards d’euros de déficit du commerce extérieur de la France. Reconnaissant le problème du coût du travail, il a aussi voulu rassurer la communauté d’affaires sur les intentions fiscales du gouvernement. « Quand j’entends parler de racisme anti-entreprises, ça n’a absolument aucun sens. La rente peut être taxée, pas le risque ».

Pour lui répondre, la CCIFJ avait préparé une présentation générale des attraits (la taille et la solvabilité) et des défis (les barrières non tarifaires) du marché nippon, avant de décliner plusieurs expériences représentatives de la communauté des membres. Celle de Michelin, présent depuis 1964, mais entravé dans ses progrès par l’accès limité au réseau général de distribution des pneus. Celle de Faurecia, sixième équipementier automobile mondial, qui se heurte à des constructeurs encore fermés, mais qui s’ouvrent à la concurrence étrangère. Celle de Pernod-Ricard, qui profite du marché japonais, mais déplore la non reconnaissance des AOC et l’absence d’obligation légale de traçabilité au Japon. Enfin celle de la PME d’optoélectronique LM3labs, qui enchaîne les partenariats fructueux avec les grands noms de l’industrie japonaise (DNP, NTT Docomo...).

L’accord de libre-échange entre le Japon et l’Europe, sujet de fond entre les deux zones économiques, a été évoqué par les participants. Pour Pierre Moscovici, « il faut un accord ambitieux et global. Que Faurecia ne soit pas plus present chez les constructeurs japonais, c’est insupportable. Il faut un accord de libre-échange, mais aussi de libre accès ». Michel Théoval, dont la société de représentation d’entreprises GHT – Group Hi Tech vient de vendre un simulateur de vol à une entreprise japonaise, a souhaité une meilleure structure de financement des PME. Un sujet sensible pour l’élu local (il est député du Doubs) qu’est aussi Pierre Moscovici : « j’ai vu dans ma vie locale des boîtes saines qui ne trouvaient pas d’argent auprès des banques et venaient voir les collectivités locales », a-t-il raconté. La Banque Publique d’Investissement qui doit prochainement voir le jour facilitera le financement des PME notamment par un meilleur accès au crédit à l’exportation et des procédures de décision locales.

Source : France Japon Express du 7 novembre 2012

Contact
Chambre de commerce et d’industrie française du Japon
Noriko NINOMIYA
Tél. : 0081-3-3288-9642
@ : n.ninomiya(@)ccifj.or.jp

Site : www.ccifj.or.jp

Vous souhaitez vous implanter dans ce pays ?
Faites nous part de votre projet !

Nous contacter
Fermer

Vous avez un projet d'implantation?

Recevez toutes les actus pays, éco-business, marchés porteurs ! En savoir plus