Maroc

Offshoring : le Maroc en quête de valeur ajoutée

Grâce à la stratégie développée dans le cadre du plan Emergence, le Maroc est maintenant positionné sur le marché mondial et ultra-concurrentiel de l’offshoring. La quête de valeur ajoutée passe désormais par un développement de la qualité et des ressources humaines.

Grâce à la stratégie développée dans le cadre du plan Emergence, le Maroc est maintenant positionné sur le marché mondial et ultra-concurrentiel de l’offshoring. La quête de valeur ajoutée passe désormais par un développement de la qualité et des ressources humaines.

+ 14% à l’export en 2009
C’est la croissance enregistrée par l’offshoringau Maroc en 2009. Derrière l’appellationpeu explicite, un secteur quirecouvre un panel très diversifié d’activitésde services délocalisées dans lespays dits « à bas coûts ». Parmi les plusconnues, les centres d’appels. Avec 80%du secteur en volume et 450 structuresréférencées selon le Ministère du Commerce,de l’Industrie et des NouvellesTechnologies, ces centres d’appels enregistrentune croissance constante etaffichent des recettes de 3,5 milliards dedirhams en 2009 et 2,6 milliards de dirhamsde janvier à août 2010, une santéde bébé et un enjeu stratégique.

Hors des sentiers connus des centresd’appels : le BPO (business processsoutsourcing) et l’ITO (information technologyoutsourcing). Si le BPO concernel’externalisation de processus tels quela comptabilité, la paie, la facturation,le recouvrement… l’ITO s’applique àl’externalisation de services liés auxsystèmes d’informations. Ces deux activitésreprésentent 20 % du volume del’offshoring et 61 entreprises à traversle Royaume. Cependant, leur poids réelest difficile à mesurer, ces deux activitésétant considérées comme des « centressupports » de leur maison-mère et noncomme des filiales. Malgré nos sollicitations,le Ministère et l’AMDI n’ont pas pu fournir d’informations supplémentaires.Le secteur de l’offshoring en généralest considéré comme « sensible »des deux côtés de la Méditerrannée.D’où la difficulté de recueillir des informationschez les principaux acteursdu secteur. Selon le cabinet de conseilaméricain Everest, sur un marché mondialde l’offshoring évalué à plus de 800milliards de dirhams en 2009, le Maroca dégagé un chiffre d’affaires de 5.5milliards de dirhams, dont 4.5 milliardsissus des centres d’appels, 750 millionsen développement informatique etle reste en fonction support. Un gainconséquent dans un secteur fortementconcurrentiel.

Le Maroc 30ème acteur mondial
C’est ce qui ressort du classement annuelAT Kearney 2009. Si le pays a enregistréune progression de 6 points, ildemeure cependant au 30ème rang.Leaders dans le secteur : l’Asie avecl’Inde et la Chine en têtes de pont, maisaussi la Malaisie et la Thaïlande. Selonle même classement, l’Egypte arrive au6ème rang. Les pays d’Europe de l’est,qui sont aussi des concurrents directsdu Maroc, sont présents dans ce classement: la Roumanie par exemple estclassée 19ème.

Plusieurs critères entrent en ligne decompte dans le choix des destinations.Les coûts de personnel d’une part, maisaussi un package global qui inclut laproximité géographique des marchésémetteurs, les ressources humaineset les compétences linguistiques… Lesatouts du Maroc dans ce domaine ontfait de l’offshoring un des huit moteursde croissance du Plan pour l’EmergenceIndustrielle qui devront générer 70 %de la croissance industrielle d’ici 2015.Selon le Ministère du Commerce del’Industrie et des Nouvelles Technologies,la stratégie offshoring prévoit lacréation de 70.000 emplois, un chiffred’affaires de 20 milliards de dirhams,soit un gain de 13 milliards de dirhamssur le PIB à cinq ans. Des objectifs quiconnaissent un coup d’accélérateuravec la création de nouveaux pôlesshore à Fès, Marrakech, Oujda, Agadir.Avec une position géographique idéalevis-à-vis des donneurs d’ordre européens,le marché marocain de l’offshoringest aussi fortement corrélé à sonéquivalent français. Celui-ci est estiméà plus de 12 milliards de dirhams, soit5 % du marché mondial des servicesinformatiques d’après LeMagIT. Oraujourd’hui, toujours selon la mêmesource, entre 10 et 15 % seulement desprestations informatiques françaisessont délocalisées en Afrique du Nord,soit une marge d’évolution significativepour le Maroc.

Sur les pas de l’Inde ?
« L’offshore représente 20 % des emploiset on a sans doute atteint unelimite » indiquait de son côté LaurentUberti, Président du Syndicat françaisdes Professionnels des Centresde Contact il y a quelques semaines,à l’occasion des Assises de la relationclient organisées par le gouvernementfrançais. Un point de vue que pondèrentles acteurs des centres d’appelsau Maroc. Courbe d’expérience oblige,l’évolution graduelle du secteur prévuepar Emergence semble se confirmer surle terrain. Pratique et activités évoluentvers des segments à plus forte valeurajoutée.

Pour autant, la réalité n’a pasété conforme au scénario initial. « Nousattendions uneforte croissance surle BPO, mais le marchés’est présentédifféremment.L’ITO s’est développébien plus rapidement.Aujourd’hui,la croissance estplus lente mais plussolide », indiqueGilles Durand, Présidentde la Commissionoffshoringde l’APEBI. Ni triomphalismeni prédiction à mi-parcoursde l’échéance.

Le défi de la qualité etdes ressources humaines, garant de lacompétitivité et de la pérennité, restede mise avec des programmes de formationspécifiques. En parallèle, afinde poursuivre sa croissance en particulierdans l’ITO, le Maroc s’est dotéd’un dispositif législatif conforme auxexigences européennes en matière detraitement des données personnelles.Forts de leurs résultats, Casanearshoreet Technopolis ont fait des petits : cinqnouveaux parcs programmés à Fès,Oujda, Tétouan, Marrakech et Agadir.

Dossier réalisé par Anne-Sophie Colly - [conjoncture@cfcim.org->conjoncture@cfcim.org]

 

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<img938|left>Un article issu du magazine Conjoncture n°919,octobre 2010.
Une publication de la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc.



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