Japon

Nathalie Kosciusko-Morizet et les entreprises françaises en ordre de bataille pour la reconstruction du Japon

À l’occasion de sa visite de trois jours au Japon, Nathalie Kosciusko-Morizet, a rencontré vendredi 1er avril la communauté d’affaires française lors d’une conférence organisée par la CCIFJ avec le soutien de l’Ambassade de France.

À l’occasion de sa visite de trois jours au Japon, Nathalie Kosciusko-Morizet, Ministre de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, a rencontré vendredi la communauté d’affaires française lors d’une conférence organisée par la CCIFJ avec le soutien de l’Ambassade de France.

Les interventions des chefs d’entreprises et de la Ministre ont fait ressortir les mêmes préoccupations : exprimer sa solidarité envers les Japonais, apporter une assistance technique et poursuivre l’activité économique et les échanges commerciaux.

Du sommet de l’État aux employés des sociétés françaises : une solidarité à tous les échelons

Le premier objectif de la visite jeudi du Président Sarkozy au Japon était d’exprimer le soutien et l’amitié des Français et des pays du G20 au peuple japonais. De manière symbolique, la France, à la tête du G8 et du G20, a proposé au Premier Ministre japonais Naoto Kan d’ouvrir le prochain sommet du G8 à Deauville afin de lui permettre de communiquer les besoins du Japon à la Communauté internationale. Cette proposition et la présence du chef de l’État français ont semble-t-il été appréciés des autorités japonaises. Naoto Kan a exprimé sa reconnaissance en citant une expression japonaise : « c’est l’ami qui vient sous la pluie qui est véritablement un ami ».

Depuis le 11 mars, les entreprises françaises se sont mobilisées pour soutenir la population japonaise. Total Japan a mis à la disposition de l’ensemble de ses employés, japonais et expatriés, des solutions pour leur permettre de s’éloigner temporairement de la région de Tokyo. Pour Luigi Colantuoni, Directeur général, il apparaissait essentiel « de garder l’unité de nos équipes ». Mathieu Lostie, Directeur industriel de Danone Japan, a pour sa part indiqué que Danone apportait son soutien à l’UNICEF par des dons d’argent mais aussi par la fourniture d’eau minérale pour les sinistrés du Tohoku. Pour Eurocopter, le choix a été clair : « on a fermé nos activités commerciales pour se concentrer sur les activités de support avec la mise en place d’une procédure de soutien 24h/24h » a annoncé Stéphane Ginoux, Président d’Eurocopter et d’Airbus Japan. Des hélicoptères de la société ont également été prêtés pour le transport de secouristes.

Multiplication des initiatives pour apporter une assistance techniqueÀ l’occasion de sa visite de trois jours au Japon, Nathalie Kosciusko-Morizet, Ministre de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, a rencontré vendredi la communauté d’affaires française lors d’une conférence organisée par la CCIFJ avec le soutien de l’Ambassade de France.

La présence au Japon de la Présidente du Directoire d’Areva, Anne Lauvergeon, est le symbole le plus marquant de cette offre de coopération française. Nathalie Kosciusko-Morizet a annoncé vendredi la mise à disposition par la France de son expertise dans le domaine du traitement de l’eau contaminée. Cet aspect de la gestion de l’eau représente aujourd’hui l’un des enjeux majeurs de la crise à Fukushima. Rémy Autebert, Président d’Areva Japan, a ajouté à ce propos : « nous faisons en sorte d’apporter à TEPCO et aux autorités japonaises toute notre aide et notre expertise dans le domaine de la gestion des combustibles et de l’assainissement des eaux contaminées ».

Au-delà de la situation nucléaire, le Japon est également confronté à un énorme besoin de reconstruction. Les sociétés françaises sont prêtes à associer leurs efforts à ceux des professionnels japonais dans ce domaine. François-Xavier Lienhart, Délégué Adjoint du Groupe Saint-Gobain pour le Japon et Président de la société Mag-Isover, a évoqué à ce sujet la contribution de son entreprise dans le domaine des matériaux d’isolation pour permettre de construire à très court terme des logements d’urgence destinés aux sinistrés, et pour contribuer à l’amélioration de l’isolation thermique des bâtiments au Japon, solution la plus efficace pour permettre une réduction significative de la consommation d’énergie. Le Groupe Saint-Gobain a par ailleurs annoncé faire un don de 100 millions de Yens au profit des populations de la région du Tohoku. en signe de solidarité, mais également pour témoigner de l’attachement du Groupe à sa présence au Japon sur le long terme.

De l’énergie et des moyens exceptionnels pour relancer l’activité

Les entreprises françaises au Japon sont déjà à pied d’œuvre pour contribuer à la reconstruction du pays. Les sociétés utilisent toutes leurs ressources et des moyens parfois exceptionnels pour rétablir au plus vite une activité normale. « Chez Michelin, nous avons installé nos propres générateurs pour ne plus subir les effets des coupures d’électricité » explique Bernard Delmas, Président de Nihon Michelin Tire et Président de la CCIFJ. Pour la plupart des entrepreneurs, la priorité est ainsi de maintenir la continuité de leurs opérations. C’est même un impératif pour certaines, telles qu’Air Liquide dont les clients utilisent les produits en continu. François Jackow, Président et CEO d’Air Liquide Japan, témoigne : « il était fondamental d’assurer une continuité de la fourniture aux hôpitaux et aux patients qui utilisent notre oxygène, ainsi qu’aux sites industriels comme les raffineries qui ont besoin de nos gaz en permanence. Nous avons travaillé avec les autorités japonaises pour obtenir un accès spécial aux routes et aux stocks de gasoil afin de pouvoir effectuer l’ensemble de nos livraisons ».

À côté de cette problématique logistique, de plus en plus de sociétés sont confrontées à l’exigence de rassurer leurs clients à l’étranger et au Japon quant à la sécurité des produits. Danone Japan a par exemple instauré des procédures de contrôle spéciales : « L’eau qui est utilisée dans le process industriel provient d’un puits situé à 170 mètres de profondeur. Nous avons mis en place 52 points de contrôle sanitaire pour vérifier la qualité de cette eau avant de redémarrer la chaîne de production ». Ces contrôles risquent de devenir une nécessité et une contrainte supplémentaire pour beaucoup d’entreprises. La difficulté est alors, comme l’a souligné la Ministre, de trouver un équilibre entre flexibilité et efficacité pour que la confiance vis-à-vis des produits fabriqués au Japon soit restaurée. Nathalie Kosciusko-Morizet a évoqué la vive inquiétude des autorités japonaises qui craignent un impact dévastateur sur les échanges commerciaux. Elle a également rappelé les négociations initiées par la France avec ses partenaires européens afin d’harmoniser les procédures de contrôle sur les marchandises en provenance de l’archipel nippon, en insistant sur la nécessité de ne pas faire subir au Japon « une double peine ».

Chambre de commerce et d’industrie française du Japon
Tél : 03-3288-9632 - Fax : 03-3288-9558
@ : [direction@ccifj.or.jp->direction@ccifj.or.jp] - Site : www.ccifj.or.jp

Vous souhaitez vous implanter dans ce pays ?
Faites nous part de votre projet !

Nous contacter