France

L'euro est faible. Tant mieux !

Du fait d'une crise de confiance et de gouvernance qui ne semble pas trouver d'issue, l'Euro souffre d'une désaffection croissante des cambistes. Sa tendance naturelle haussière par rapport au dollar n'est ainsi plus qu'un souvenir. Tant mieux pour les exportateurs !

Il y a deux ans, alors que l'Euro était déjà tombé à 1,35 dollar, Louis Gallois, PDG d'Airbus se satisfaisait d'un gain de compétitivité de 10%, obtenu par rapport à ses concurrents américains ou asiatiques. Mais à 1,35$ pour un Euro, de nombreux analyste l'estimaient toujours surévalué. Compte tenu de la réalité économique, son niveau naturel devrait se situer vers 1,20 selon l'OFCE. La parité Euro/dollar j'affiche aujourd'hui à 1,26, avec une perspective plutôt stable voire baissière sur les 12 prochains mois.

Une bonne nouvelle pour les exportateurs ?

Soyons clairs : OUI, c'est une bonne nouvelle pour la majorité des exportateurs. Les entreprises produisant en zone Euro ont trop longtemps souffert d'un déficit de compétitivité exacerbé par les politiques très accommodantes de la Chine et des Etats-Unis.

"Les industriels français considèrent qu’avec un euro entre 1,20 et 1,25 dollar, ils gagnent de l’argent. La situation actuelle leur convient très bien" confiait à Classe Export Alain Girardeau-Montaut, expert chargé du risque de change chez Dassault Aviation et Président de la Commission Gestion des Risques à l’Association Française des Trésoriers d’Entreprise (AFTE).

Ainsi, les entreprises produisant en Europe retrouvent une certaine compétitivité, un vrai bol d'air dans un environnement économique très difficile. C'est donc le moment d'investir à l'export et de s'implanter commercialement en "zone dollar".

En revanche, les entreprises ayant délocalisé leur production, en Chine ou en Asie notamment, et réimportant leur production en Europe, sont pénalisées. Le taux de change rend leur production plus chère et la crise en Europe limite leurs débouchés commerciaux.

Un effet positif sur l'export déjà visible au niveau Européen

Le solde commercial de la Zone Euro (17 pays) avec le reste du monde était positif en mai, à 14,9 milliards d'euros. Un chiffre en hausse : il s'affichait à 7,1 milliards en mai et 5,2 milliards en avril. Cette progression du solde commercial Européen était due aux exportations, en hausse, alors que les importations sont restées stables.

Bien sûr, la France fait partie des pays dont la balance commerciale est déficitaire, à -30 milliards d'Euros sur la même période. Seul le Royaume Uni affiche une plus mauvaise performance en valeur (-60 milliards d'Euros). Mais cette évolution du taux de change est de nature à renforcer les exportateurs.

Les exportations européennes progressent plus particulièrement vers la Russie, la Corée du Sud, le Brésil, le Japon et les Etats-Unis. La balance commerciale avec la Chine et la Russie est toujours négative, mais elle tend à s'équilibrer.

Profiter de l'aubaine

L'Europe est (un peu) plus compétitive ! Concrètement, cela signifie que les produits du vieux continent sont relativement d'un meilleur rapport qualité prix par rapport aux dernières années. Ces produits vont donc mieux se vendre. 

Pour les entreprises, l'Euro faible permet deux évolutions : baisse des prix et gain de parts de marchés hors Euro, ou maintient des prix et rétablissement de la rentabilité. Par rapport à la situation économique très difficile en Europe, la première solution semble la plus adaptée : conquérir des parts de marchés dans les zones en croissance est essentiel pour assurer la pérennité des entreprises. Profiter l'essor progressif des classes moyennes avides de consommation dans les pays émergents en leur offrant des produits enfin à leur juste prix est possible. Et c'est maintenant !

Les services à l'export des CCIFE

Laurent Jacquot, UCCIFE