Les écoles internationales à Hong Kong : une tradition d’excellence

Christopher Hammerbeck CB.CBE. directeur exécutif de la Chambre de Commerce britannique à Hong Kong a accepté de partager sa connaissance du système des écoles internationales sur le territoire – depuis son histoire jusqu’aux problèmes auxquels il est confronté à l’heure actuelle.

Christopher Hammerbeck CB.CBE. directeur exécutif de la Chambre de Commerce britannique à Hong Kong a accepté de partager sa connaissance du système des écoles internationales sur le territoire – depuis son histoire jusqu’aux problèmes auxquels il est confronté à l’heure actuelle. 

Avant que je ne réponde à vos questions, il est important que vous compreniez les origines du système scolaire international à Hong Kong. À l’origine, le gouvernement colonial avait encouragé la création d’écoles locales dont les écoles ‘Blue Blood’ (de sang bleu) sont les vestiges. Le territoire est resté faiblement peuplé jusque dans les années 1850 et la population travaillait principalement dans les secteurs de l’agriculture et de la pêche. Le commerce avec la Chine était le pôle d’attraction des sociétés internationales. Il s’est concentré dans le delta de la rivière des Perles, les autres grands ports chinois échangeant directement avec les autres pays dès la fin du XIXe siècle. En conséquence, l’éducation publique a d’abord été axée sur les écoles des villages, puis petit à petit, introduite dans les écoles religieuses et les autres organisations charitables. L’explosion de l’immigration en provenance de la Chine continentale a cependant mis en évidence la nécessité d’un système scolaire public de grande envergure. Le nombre des fonctionnaires a rapidement augmenté ainsi que celui des Britanniques employés par le secteur de la construction et du transport maritime. Ces derniers voulaient que leurs enfants puissent aller à l’école à Hong Kong. La prospérité croissante des entrepreneurs locaux a également mis la pression sur les écoles ‘Blue Blood ’. Le gouvernement a donc créé la English Schools Foundation pour répondre à cette demande. En parallèle, on assistait au déclin constant du nombre des étudiants non chinois dans les écoles traditionnelles et, en conséquence, à la croissance du secteur des écoles internationales.

L’étape suivante de ce processus tortueux a été la signature de la ‘Joint Declaration’ en 1984, par laquelle la Grande-Bretagne et la Chine prévoyaient de mettre un terme à la souveraineté britannique sur Hong Kong en 1997. Ceci, ajouté à la panique consécutive au massacre de la place Tiananmen, a poussé de nombreux Hongkongais à se procurer un passeport hors de Hong Kong – principalement au Canada, aux États-Unis, en Australie et en Grande-Bretagne, ce qui aurait plus tard des répercussions sur la question des écoles internationales du territoire.

L’une des premières décisions prises par le premier gouvernement, dirigé par le Chef de l’Exécutif Tung Chi-wah, a été d’imposer le chinois comme langue officielle dans l’enseignement. Cette mesure a provoqué un tollé de protestations de la part de la classe moyenne hongkongaise et entraîné un exode massif des élèves locaux vers les écoles internationales. Cette tendance a été exacerbée par le retour sur le territoire de nombreux jeunes gens qui étudiaient à l’étranger. On trouve donc maintenant un pourcentage élevé d’élèves locaux dans les écoles internationales et ESF, ce qui réduit le nombre de places disponibles pour les élèves étrangers.

 

Les écoles internationales à Hong Kong sont-elles de qualité ? (En comparaison avec celles de l’Union européenne)

Je ne peux pas juger des écoles internationales en dehors de la sphère anglophone, mais celles de l’ESF – ainsi que d’autres comme Kellett et Hong Lok Yuen – qui enseignent le curriculum britannique ou celui de l’IB, se classent dans le quartile supérieur de leurs équivalents en Grande-Bretagne.

Les écoles internationales de Hong Kong ont-elles des caractéristiques uniques ?

Dans le domaine des équipements, le manque d’installations sportives en plein air constitue un gros point négatif. En revanche, le côté très positif est la dimension multiethnique, qui va bien au-delà de l’école.

Lorsqu’ils obtiennent leur diplôme, les étudiants ont-ils un niveau suffisant pour fréquenter une école ou une université prestigieuse ? Quelles sont les perspectives scolaires des jeunes diplômés?

Ils ont le niveau pour être acceptés dans les universités étrangères. Proportionnellement, ils ont autant de chance d’être acceptés dans les meilleures universités de Grande-Bretagne, des États-Unis, d’Australie et d’ailleurs que les étudiants de ces pays.

Les écoles internationales jouent-elles un grand rôle dans l’attraction exercée par Hong Kong sur les expatriés ? Ont-elles du mal à suivre le rythme de la croissance constante de la communauté expatriée, en termes du nombre de places disponibles ?

On peut dire que Hong Kong est victime de son succès, dans la mesure où on assiste à un raz-de-marée d’entreprises, provenant du monde entier, qui veulent travailler ici. Les places dans les écoles internationales sont donc chères. Le problème est aggravé par le fait que la plupart des familles de cadres choisissent de vivre sur Hong Kong Island, bien qu’en vérité, cette tendance ait changé ces dernières années. La pénurie de places est également due au fait que toutes ces écoles sont ouvertes aux élèves locaux, alors que leurs homologues dans d’autres juridictions ne le sont pas. Nous sommes de fervents partisans du principe de la liberté de choix, et nous croyons fermement en outre que tous les élèves, expatriés ou locaux, tirent un bénéfice incommensurable de l’opportunité qu’ils ont d’étudier, de jouer et de grandir ensemble. Il suffit de se promener dans Hong Kong ou à Kowloon le week-end et de voir tous ces jeunes de toutes origines qui « traînent ensemble », pour comprendre le bien-fondé de ce principe.

Je pense avoir répondu à vos questions. Je voudrais cependant insister sur un point important : la pénurie de places dans les écoles internationales n’est plus un problème cyclique comme il a pu l’être autrefois. La population vieillissante de Hong Kong (à l’horizon 2033, plus de 50% de la population aura plus de 60 ans) implique que le nombre de jeunes gens qui entre dans la vie active diminue considérablement. L’arrivée d’un plus grand nombre de cadres étrangers sera donc nécessaire afin de fournir au territoire les compétences essentielles à sa croissance, et leurs enfants devront aller à l’école à Hong Kong.

Pourquoi les Hongkongais veulent-ils apprendre le français ? Le pays francophone le plus proche est situé à des milliers de kilomètres. La langue de travail de toutes les entreprises françaises qui sont installées ici est, officiellement, l’anglais. Le mandarin est, dit-on, la langue de l’avenir. Et pourtant, des milliers d’adolescents, d’étudiants et de jeunes adultes s’inscrivent à des cours du soir pour apprendre le français, langue ardue s’il en est, avec ses conjugaisons, sa grammaire capricieuse et ses concepts improbables tels que le genre et le subjonctif. Certains d’entre eux se débrouillent même plutôt bien et deviennent de véritables « francophones », comme nous l’avons vu lors de la Fête de la Francophonie, ou du Concours Oratoire Interuniversitaire du Delta de la Rivière des Perles.Applaudissons les quelques 15 000 personnes qui s’inscrivent tous les ans à l’Alliance Française et dans les nombreuses autres institutions. Ils sont attirés par notre culture autant que par notre langue, et en choisissant d’apprendre le français, ils expriment leur désir de recherche d’une alternative, d’un mode de pensée et de vie différents. Récompensons leurs efforts et souhaitons-leur la bienvenue dans le monde unique de la francophonie en les saluant d’un cordial « Bonjour! Vous parlez français? ».

Benoit Gaudin, Attaché de coopération pour le français

<img1085|left>Article extrait de Hong Kong Echo, publication de la Chambre de Commerce et d’Industrie Française à Hong Kong

 

Contact
Chambre de Commerce et d’Industrie Française à Hong Kong
Orianne CHENAIN
Tel : (+852) 2294 7711 - Fax : (+852) 2524 1428
@ : [mkg@fccihk.com->mkg@fccihk.com] - Site : www.fccihk.com

Fermer

Vous avez un projet d'implantation?

Recevez toutes les actus pays, éco-business, marchés porteurs ! En savoir plus