Chine

"Le secteur agricole chinois devrait ouvrir des opportunités [là] où la France dispose de vraies potentialités"

Bruno Bézard et Carole Ly analysent dans une interview avec la CCIFC la place de la France sur le marché agroalimentaire Chinois et les opportunités d'affaires qui s'offrent à elles.

Pour Bruno Bézard, ministre-conseiller pour les affaires économiques et financières, et Carole Ly, conseillère agricole à l’ambassade de France, les Français ont des atouts à faire valoir dans le secteur agroalimentaire chinois.

Le magazine Connexions, publié par la CCI Française en Chine, a rencontré ces deux experts du marché agro-alimentaire chinois. 

Connexions : Quelles sont les nouvelles opportunités offertes par le 12e plan pour les entreprises agroalimentaires françaises ?

Le futur de la Chine est indissociable des transformations de son monde agricole et rural, qui regroupe encore presque la moitié de la population chinoise. Par le passé, l’agriculture a soutenu la croissance économique des autres secteurs et permis d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. Cependant, le modèle agricole connaît aujourd’hui des limites fortes. Parallèlement, l’augmentation du niveau de vie a créé une demande alimentaire nouvelle et plus diversifiée, en quantité mais aussi en qualité. La Chine est ainsi redevenue importatrice nette de produits agricoles. Pour faire face à ces défis, le douzième plan quinquennal ambitionne de transformer l’agriculture chinoise en recherchant des économies d’échelle, en mécanisant, en développant des filières agro-industrielles et en intégrant les nouvelles technologies permettant de gagner en productivité et en valeur ajoutée. Ces ambitions constituent autant d’opportunités pour nos entreprises.

Pour l’Ambassadeur et le service économique régional que nous représentons, le développement des entreprises françaises du secteur agricole est l’une des grandes priorités de notre action économique et commerciale en Chine. Il s’agit en effet de capter ces nouveaux besoins :

En terme d’importations de produits d’abord. La Chine peine à répondre à la demande qui porte autant sur des matières premières (viande de porc, de volaille, orge, céréales fourragères, poudre de lait, lactosérum…) que des produits transformés : épicerie ou nourriture infantile par exemple pour ne pas parler des vins et spiritueux dont le marché est déjà bien développé.

Mais aussi pour accompagner technologiquement les transformations agroindustrielles qui sont à l’oeuvre sur l’amont agricole : équipements agricoles, matériel végétal, médicaments et vaccins vétérinaires. Mais plus largement, la restructuration à l’oeuvre dans le secteur agricole chinois constitue autant d’opportunités de partenariats ou d’investissements avec les grands groupes agroalimentaires du secteur, dont certains sont en phase d’internationalisation.

C. : Y-a-t-il une taille minimale d’entreprise pour pouvoir s’implanter sur le marché chinois ?

Le marché chinois n’est certes pas un marché facile mais il n’est pas hors de portée, même pour des PME. Il nécessite cependant une réflexion stratégique, un grand professionnalisme, une expertise technique avérée, de la souplesse et de la réactivité. Il est également nécessaire de jouer la carte collective, notamment pour de plus petites structures, en utilisant le cas échéant les organismes existants pour ce faire tels qu’UBIFRANCE, SOPEXA, l’ADEPTA et bien sûr la CCIFC. La mutualisation des moyens et la coopération entre PME sont à rechercher sur un marché dont les besoins peuvent souvent paraître disproportionnés à nos yeux d’européens. Il existe dans ce domaine des exemples réussis d’entreprises qui ont su travailler ensemble pour se positionner sur le marché chinois. Votre magazine en donne d’ailleurs certains exemples dans le secteur par exemple de la mécanisation agricole ou de l’élevage porcin.

C. : Quels sont les secteurs d’investissement ou de coopération les plus porteurs ?

Sans parler des opportunités d’importations déjà évoquées, la restructuration à l’oeuvre dans le secteur agricole chinois devrait ouvrir des opportunités de partenariats ou d’investissements dans les secteurs suivants où la France dispose de vraies potentialités :
- secteurs laitiers,
- santé animale et plus globalement l’élevage pour lequel la France dispose de modèles alternatifs au « tout intensif »,
- chaîne du froid et marchés de gros,
- équipements agricoles et matériel végétal.
Nous ne pouvons donc qu’inciter les entreprises, les interprofessions, les organismes consulaires à se mobiliser afin de saisir ensemble ces opportunités.

Propos recueillis par Renaud de Spens

Vous souhaitez vous implanter dans ce pays ?
Faites nous part de votre projet !

Nous contacter