Japon

Le point sur les affaires au Japon : politique, emploi, fiscalité, management

{{La situation du marché japonais aujourd'hui : La situation du marché japonais aujourd'hui : Le contexte politique et économique, des points de repères sur l’emploi, l'imposition des sociétés et le management au Japon.}}

La situation du marché japonais aujourd'hui : Le contexte politique et économique, des points de repères sur l’emploi, l'imposition des sociétés et le management au Japon. ____________________________________________________________________ A la suite de la conférence "Le point sur les affaires au Japon" qui s'est déroulée le 9 février dernier, la CCIFJ rappelle quelques informations clés annoncées à l'occasion. ____________________________________________________________________

Le contexte politique et économique
"Il ne faut pas sous estimer le Minshuto*qui est sans doute au pouvoir pour au moins quatre ans " Pour Louis-Michel Morris, il importe de développer des contacts avec le pouvoir en place : "Certaines élites japonaises jugent que le Minshuto n’est pas une alternative durable, or le nouveau gouvernement a un programme cohérent et a su adopter une politique nouvelle sur des dossiers difficiles comme celui de JAL. Depuis le changement de majorité en septembre 2009, nous axons davantage nos contacts sur les responsables politiques, car, contrairement à l’époque antérieure, ils ont aujourd’hui plus l’initiative que la haute administration japonaise." Le gouvernement se montre actif : baisse des dépenses de travaux publics, soutien de l’emploi (en cas de chômage technique, l’État prend en charge 75% du salaire dans les grandes entreprises, 90% dans les PME, cette mesure concerne 2,5 millions de salariés), prolongation du système d’éco-points et des primes à l’achat d’automobiles... "La croissance en 2010 devrait se situer entre 1,4 et 1,8%. Cette reprise de l’activité ne devrait pas compenser la perte de PIB accusée en 2009. En se plaçant dans une perspective à moyen ou long terme, des secteurs comme le tourisme (le Japon vise 25 millions de touristes étrangers d’ici 15 ans, soit une augmentation de 15 millions de personnes), la santé et les produits de mass market devraient être vecteurs de croissance sur lesquels des entreprises françaises devraient pouvoir se positionner." *Le parti démocrate du Japon, le Minshuto, est au pouvoir depuis septembre 2009.

Des points de repères sur l’emploi
Les rémunérations au Japon sont historiquement plus inégalitaires qu’on ne le dit : "En consultant l’indice GINI (qui mesure ces inégalités), j’ai constaté qu’au milieu des années 90, les différences de salaires étaient déjà plus marquées qu’en France. Le fossé entre les salaires les plus hauts et les plus bas est creusé dans l’archipel, et depuis longtemps", note Jean-Denis Marx. Tout est affaire de contrastes : la progression de la rémunération pendant la carrière est plus forte au Japon qu’en France, mais la chute des salaires après l’âge légal de la retraite est douloureuse (114 en base 100 - à partir de la rémunération en début de carrière - quand les salaires atteignent 172 sur la période la plus haute). La place des femmes sur le marché de l’emploi reste peu favorable : seulement 48% d’entre elles travaillent, les salaires tendent à se réduire au cours de la carrière pour atteindre après 60 ans un plus-bas de 80 en base 100. Le salaire horaire moyen aussi est plus faible : pour des emplois à temps plein et à durée déterminée, il atteignait en 2003 1811 yens pour les hommes contre 1258 yens pour les femmes. La réforme du marché du travail promise par le gouvernement s’annonce difficile : régulation de l’intérim, hausse du salaire minimum, protection des travailleurs séniors... Des dossiers sur lesquels la majorité au pouvoir est attendue.

Imposition des sociétés au Japon
La France et le Japon ont signé une nouvelle convention fiscale en 2008. Plusieurs volets sont similaires à ceux inclus dans les autres récentes conventions signées par le Japon avec d’autres pays partenaires majeurs, mais des différences demeurent, dont les conditions définissant les résidents auxquels les dispositions du traité s’appliquent. Il est également à noter que, conformément au souhait émis par le Japon, la taxation des Royalties se trouve réduite, et s’aligne ainsi sur celle pratiquée envers d’autres pays partenaires majeurs. James Dodds évoque également la proposition de reforme de la taxation des groupes et de ses possibles implications pour les groupes étrangers implantés au Japon. À partir du 1er octobre 2010, le nouveau régime de taxation des groupes de sociétés défèrera la taxation des gains/pertes résultant du transfert (incluant les transferts non soumis à taxation pour les fusions) des actifs entre sociétés établies au Japon au sein d’un groupe les possédant à hauteur de 100%. Ces gains/pertes deviendront taxables lors de leur sortie de ce périmètre. S’agissant des prix de transfert, les notices de l’administration fiscales seront aménagées afin de clarifier certains points qui doivent être spécifiquement pris en compte lors de l’analyse de l’établissement des prix de transfert avec les sociétés du même groupe situées à l’étranger, dans le but d’établir et déterminer un prix de référence dans l’optique d’une taxation des prix de transfert. La présentation de James Dodds s’est terminée par la sensibilisation des participants aux questions soulevées par l’administration fiscale lors des procédures de contrôles auprès des sociétés filiales de groupe étrangers, et également par la mise en évidence du changement observée dans les méthodes de contrôles employées. La prise en compte de ces aspects devient déterminante.

Le management au Japon
La création de la Joint-venture en 2001entre les sociétés Lafarge et Aso a été le fruit de relations établies depuis les années 1980 . "Le pacte d’actionnaires signé à cette époque a établi des règles de fonctionnement extrêmement claires ce qui facilite grandement les prises de décisions", explique Antony Ricolfi. Les projets mobilisateurs sont un véritable plus en termes de management : "ils permettent d’atteindre des objectifs très ambitieux, de révéler des talents parmi les jeunes cadres de l’entreprise en leur proposant des responsabilités de chefs de projet et en développant des équipes pluridisciplinaires. Notre plan sur l’amélioration de la sécurité par exemple nous a permis de faire un bon en avant dans ce domaine." La question de la formation, du recrutement aussi s’avère capitale, et parfois difficile quand il s’agit de gérer les carrières à l’international : "Avec l’expérience, nous nous rendons compte pour l’instant qu’il est plus facile et plus efficace de proposer aux cadres japonais des missions ou des formations de courte durée à l’étranger sur des sujets bien définis. Cela permet une exposition aux méthodes et bonnes pratiques développées dans le groupe et facilite leur appropriation et mise en place au sein de la société au Japon."

Un article issu de [La Lettre Mensuelle->http://www.lalettremensuelle.fr/?lang=fr], une publication de la Chambre de commerce et d’industrie française du Japon.

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