La normalisation au service de l’innovation

Dans un contexte de mondialisation
et de compétition internationale accrue, la normalisation facilite les
échanges commerciaux, mais devient aussi un enjeu pour se positionner
sur les marchés.

Outil d’intelligence économique, de veille technologique et vecteur de diffusion des innovations, la normalisation est au service des entreprises pour les rendre plus compétitives et favoriser l’accès aux marchés internationaux. Dans un contexte de mondialisation et de compétition internationale accrue, la normalisation facilite les échanges commerciaux, mais devient aussi un enjeu pour se positionner sur les marchés. L’adage « Qui fait la norme, détient le marché » devient de plus en plus au coeur des réflexions des entreprises, et ce, partout dans le monde… La Commission européenne ne s’y est pas trompée, qui, parmi ses dix mesures phares pour stimuler l’émergence de l’innovation publiées il y a un an, a inclus le rôle de la normalisation. Aux entreprises et organismes de recherche français d’intégrer désormais la normalisation dans leur stratégie de développement des innovations le plus en amont possible.

Article rédigé par Christine Kertesz
Responsable innovation, recherche et enseignement à l'Afnor

LES NORMES AU QUOTIDIEN
Les normes font aujourd’hui partie de notre environnement quotidien : définissant les spécifications techniques des produits, des procédés et des services, les conditions d’interopérabilité des systèmes, elles facilitent notre vie de tous les jours : utiliser une carte bancaire partout dans le monde est en effet rendu possible grâce aux normes qui définissent le format des cartes bancaires, des puces électroniques, les conditions d’interopérabilité de ces dispositifs… Le système métrique, défini dans la norme ISO 2 100, a permis l‘essor de la métrologie, la norme ISO 668 sur les containers intermodaux a favorisé le développement du commerce international en développant le transport maritime et ferroviaire.

Mais finalement, qu’est-ce exactement qu’une norme ?

Pour les normalisateurs, une norme peut être définie comme un document de référence : -établi par un organisme de normalisation reconnu ; - qui propose des règles, des spécifications ou des lignes directrices, - représentant le consensus entre l’ensemble des parties intéressées par une thématique donnée, - généralement d’application volontaire.

La norme est donc le fruit d’un consensus obtenu entre les parties intéressées ou « parties prenantes », c’est-à-dire toutes les catégories d’acteurs qui peuvent être intéressées par un sujet donné.

Les normes sont une composante essentielle de l’infrastructure industrielle mondiale qui soutient les activités économiques. Elles prennent aussi en compte les besoins sociétaux et favorisent ainsi l’émergence de références partagées par tous, pour un développement durable.

Les organisations, tant publiques que privées, gèrent leurs activités aujourd’hui en s’appuyant sur des méthodes organisationnelles décrites dans des normes reconnues au plan international (management de la qualité, de l’environnement, de l’énergie, etc.).

Autant d’exemples qui montrent que les normes sont aujourd’hui devenues incontournables dans l’organisation de l’économie et des échanges au plan mondial.

LE RÔLE STRATÉGIQUE DES NORMES
Les normes sont essentiellement utilisées dans les échanges commerciaux (marchés publics ou privés, commerce international, etc.). Elles contribuent donc à structurer l’organisation de l’économie au plan mondial.

Les instituts de normalisation nationaux (AFNOR pour la France, DIN en Allemagne, BSI au Royaume-Uni, etc.) participent à l’élaboration des normes européennes et internationales pour représenter les intérêts et positions des parties prenantes de leurs pays.

Selon une étude sur l’impact économique de la normalisation réalisée par AFNOR en 2008, les normes contribuent à 25 % de la croissance du PIB. Plus de 66 % des 1 800 entreprises interrogées estiment que la normalisation est génératrice de bénéfices pour leurs activités. Les PME de moins de 250 salariés sont 70 % à considérer que la normalisation a un impact positif pour elles, balayant ainsi l’idée reçue que la normalisation est dédiée aux grands groupes industriels. La normalisation permet en effet de : -définir un langage commun, et de faciliter ainsi les échanges entre partenaires, -garantir la qualité et la sécurité des produits et des services, -faciliter l’interopérabilité entre les produits et réaliser des économies d’échelle, -disposer d’outils de mesure communs, facilitant la comparabilité des résultats, -proposer des outils méthodologiques performants pour la gouvernance des organisations, -faciliter la mise en conformité avec la réglementation (marquage CE, réponse aux appels d’offres, etc.), -réduire les risques, notamment liés aux usages de nouvelles technologies ou pratiques, -donner confiance aux consommateurs et utilisateurs, -développer des marchés en harmonisant les règles et les pratiques et en réduisant les entraves techniques aux échanges, -faciliter le transfert de technologies nouvelles dans des domaines essentiels pour l’entreprise et la collectivité : nouveaux matériaux, systèmes d’information, etc. -sécuriser les choix stratégiques des entreprises qui peuvent faire de la veille sur les pratiques du marché, anticiper la mise en oeuvre des futures règles et influer sur leur définition.

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Accomex, publication de la CCIP
Accomex n° 102 - Normalisation et échanges internationaux

 

<img1253|left> Bénédicte MARTIN
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