Corée du Sud

La France dans le rêve Koreafrica

Si depuis plusieurs années la Chine a envahi l’Afrique avec sa main d’œuvre bon marché et ses constructions à bas-prix, la Corée du Sud a montré qu’elle avait un savoir-faire digne des grandes puissances mondiales.

Depuis quelques mois, il n’est pas une semaine sans que les médias sud-coréens évoquent un nouveau contrat, un nouveau partenariat, un nouvel investissement d’une entreprise coréenne sur le continent africain. Côte d’Ivoire, Gabon, Afrique du Sud, Sénégal, Algérie, Maroc… la liste des nations africaines concernées est longue et les projets sud-coréens variés.

Si depuis plusieurs années la Chine a envahi l’Afrique avec sa main d’œuvre bon marché et ses constructions à bas-prix, la Corée du Sud a montré qu’elle avait un savoir-faire digne des grandes puissances mondiales.

En effet, avant de s’essayer aux marchés africains, la Corée du Sud a fait ses preuve entre la péninsule et le continent africain, les géants industriels signant au Moyen-Orient des projets dont l’envergure dépasse parfois l’entendement : le contrat à 20,4 milliards de dollars remporté par le consortium KEPCO-Hyundai E&C-Samsung-Doosan Heavy Industries pour la construction de quatre réacteurs nucléaires aux Émirats Arabes Unis début 2010 devançant le français Areva-Total-GDF Suez et le nippo-américain General Electric-Hitachi, la construction par Samsung C&T Engineering and Construction de la tour Burj Khalifa, plus haute tour du monde (880 mètres) inaugurée en janvier 2010, ou dans une moindre mesure le partenariat signé le 3 janvier dernier de 52.5 millions de dollars entre Hyundai Engineering and Construction et Mohammad Al-Mojil Group pour une usine d’huiles moteurs à Abu Dhabi, ne sont qu’une partie des projets qui ont permis à la Corée de gagner la confiance des Pays du Golfe Persique en rendant des copies de qualité et à des tarifs défiants la concurrence occidentale.

Désormais, les marchés africains coopèrent avec la Corée du Sud en qui ils voient la réussite économique du dernier demi-siècle comme un exemple (la Corée du Sud avait un PIB équivalent à celui du Cameroun au sortir de la guerre en 1953 avant d’atteindre le 13e rang mondial en 2010).

La récente visite du président gabonais Ali Bongo accompagné d’une délégation de cinq ministres en est le parfait exemple, tout comme la volonté du ministère du territoire, des transports et des affaires maritimes de rencontrer de manière bimestrielle tous les ambassadeurs africains en Corée ; le Pays du Matin Frais cherche à faire de l’Afrique l’une de ses principales destinations d’investissements extra-asiatiques.

La Chine a certes conquis une grande partie du continent depuis le début des années 90, mais l’environnement du marché laisse aujourd’hui de la place en Afrique de l’Ouest et du Nord.

Le facteur Terra Incognita, une chance pour la France

Le mot « Koreafrica » revient de plus en plus sur les lèvres des Coréens et les entreprises sud-coréennes jouent le jeu : C&K Mining est le fruit d’une coopération entre le Cameroun et la Corée qui permettra d’exploiter la réserve au Sud-est du pays qui compte 420 millions de carats de diamants, STX Group finalise un accord pour la construction de 200 000 foyers au Ghana, POSCO, qui a récemment mis en place une équipe spécialement dédiée à l’Afrique dans son bureau stratégique, a confirmé son investissement dans le manganèse, le chrome et le charbon au Mozambique, Samsung Electronics a annoncé la création d’un département stratégique pour analyser le marché africain, Hyundai Motor entre sur le marché de l’automobile en Egypte et en Afrique du Sud, LS Industrial Systems coopère avec l’un des plus grands fabricants d’équipements égyptien, etc.

Côté gouvernemental, on montre également l’exemple avec le KORES (Korea Resource Corporation) qui a mis en place un plan d’action afin de sécuriser les ressources en minéraux rares et de découvrir de nouvelles ressources en Afrique. La visite du président Lee Myung-Bak sur le continent africain dans le courant du premier semestre 2011 ne devrait qu’assoir la volonté de la Corée d’investir dans ce nouveau marché.

Si la Corée du Sud marche désormais sur les platebandes de nations comme la France dans des secteurs de plus en plus variés (infrastructures, nucléaires, constructions, produis de consommation, etc.), l’hexagone pourrait bien transformer ce challenge en opportunité.

Le facteur « Terra Incognita » que rencontre la Corée lorsqu’elle pose le pied sur le continent noir et plus particulièrement dans les pays francophones peut en effet être l’occasion pour les entreprises françaises de devenir un levier pour les groupes coréens qui ont pris l’habitude de signer des projets dans des pays anglophones.

Corée Affaires est allé faire le tour des grands groupes français présents en Corée du Sud afin de comprendre leur stratégie en Afrique et la vision qu’ils avaient des conglomérats sud-coréens. Le cimentier Lafarge, le logisticien Saga (groupe Bolloré) et la société Libra Conseils ont accepté de répondre à nos questions sur l’apport de la France dans les investissements coréens en Afrique.

Les conglomérats coréens misant également sur le facteur francophonie, les équipes envoyées par les géants de la construction et de l’ingénierie dans les pays africains francophones sont souvent accompagnés d’ingénieurs français ou de Coréens maîtrisant parfaitement la langue de Molière. Stratégie payante pour des groupes habitués au « Bballi Bballi » (vite vite) qui ne souhaitent pas perdre de temps avec l’adaptation culturelle, un frein aux négociations.

Afin de mieux cerner le facteur « francophonie », des employés francophones des géants de la construction et de l’ingénierie en Corée ont accepté de décrypter leur position stratégique au sein de leur groupe, et le fondateur de l’ISM de Dakar nous détaille les formations proposées pour la future main d’œuvre africaine des groupes coréens.

Par Clément Charles
Rédacteur en Chef, Journaliste, Corée Affaires

 

Article issu de [Corée Affaires->www.coreeaffaires.com], publication de la Chambre de Commerce et d’Industrie Française en Corée.

French Korean Chamber of Commerce and Industry
CHARLES Clément, Marketing & Communication Director
Site : www.fkcci.com
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@ : c.charles@fkcci.com

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