Chine

La Chine un marché qui reste ouvert

L’Europe, et surtout la France, doit savoir saisir les opportunités du déploiement mondial chinois… Interview de Annick de Kermadec-Bentzmann Présidente de la Chambre de commerce et d’industrie française en Chine.

L’Europe, et surtout la France, doit savoir saisir les opportunités du déploiement mondial chinois…

Interview de Annick de Kermadec-Bentzmann, Présidente de la Chambre de commerce et d’industrie française en Chine, issue de la revue L'Interconsulaire N°111 - octobre 2010.

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Depuis l’an 2000, le taux de croissance annuel de l’économie chinoise oscille autour de 10 % : cette performance est directement liée à l’ouverture de la Chine à l’international. Entre 1990 et 2000, le géant asiatique a multiplié ses exportations par 3, puis par 7 entre 2000 et 2008. Ralenti par la crise économique et financière, le commerce extérieur chinois augmente à nouveau rapidement. Troisième puissance économique mondiale, la Chine se rapprochera des États-Unis dans une dizaine d’années. Une dynamique rendue possible par les investissements massifs que la Chine effectuera dans les pays émergents qui représenteront environ 70 % de la croissance mondiale dans la prochaine décennie. Pour le moment, l’excédent de la balance commerciale de la Chine est principalement dû aux échanges avec les pays industrialisés, notamment avec les États-Unis. L’Europe aussi doit saisir les opportunités du déploiement mondial chinois… ----------------------------------------------------------------------------------

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Vous avez assisté à la formidable transformation de la Chine depuis vingt ans. Qu’est-ce qui vous a le plus marquée ?
Dans les années 90 à Shanghai, vous trouviez très peu de magasins et le choix des produits était restreint. Certes, il y avait les denrées de base comme le sucre, les œufs… Mais le beurre, par exemple, était uniquement disponible dans les magasins d’importation. Avec le « Foreign exchange currency », une monnaie réservée exclusivement aux étrangers, on pouvait y faire ses achats. Aujourd’hui, même dans les petites villes, les Chinois poussent les portes de Carrefour ou d’Auchan. Il y a également des grands magasins d’origine chinoise, remplis à 90 % de produits locaux où l’on trouve tous les produits d’alimentation courants et de la vie quotidienne.

Les classes moyennes ont aussi émergé…
Oui, avec des conséquences logiques. Il y a vingt ans, devenir propriétaire était inconcevable. Aujourd’hui, beaucoup de Shanghaiens ont accédé à la propriété, même si les appartements restent de taille modeste. Il y a vingt ans encore, on voyait peu d’immeubles d’une vingtaine d’étages. Aujourd’hui, les plus grands gratte-ciel d’Asie se concentrent à Shanghai. Ici comme dans beaucoup d’autres grandes villes de Chine, la transformation est palpable et visible : changement de mode de vie, des habitudes vestimentaires et alimentaires, de l’habitat, du transport, etc. Le milieu rural n’a pas forcément beaucoup évolué. Mais dans les villes moyennes, le développement est aussi impressionnant.

Transports, télécommunications, énergies… La Chine exporte beaucoup et vient concurrencer les pays industrialisés sur des marchés où, jusqu’à présent, ils avaient une longueur technologique d’avance…

Quelle est votre vision depuis la Chine ?
En effet, les Chinois arrivent sur les marchés que vous citez. Et ce phénomène va s’accentuer. Mais, plutôt que de percevoir cela comme une concurrence, il faut savoir profiter de cette tendance pour faire des affaires ensemble. Les Chinois sont très intéressés par un certain nombre de pays, notamment l’Afrique. Or la France est un des pays qui connaît le mieux ce continent. Ici, nous réfléchissons à la manière d’aider ces entreprises chinoises, avec le soutien des CCI de France travaillant sur le continent africain. Pour les entreprises françaises qui ont un savoir-faire reconnu, il y a sans doute des opportunités à saisir…

Quel est votre regard sur l’Équipe de France de l’export ?
Au départ, il y avait beaucoup d’interrogations sur la manière de travailler ensemble. Chacun voulait un peu marquer son territoire et montrer ses atouts. Ubifrance, le réseau des CCI en France, celui des CCI françaises à l’étranger et les autres partenaires à l’export… Tous ont dépassé cela ! Car nous avons en commun une priorité : un chef d’entreprise français qui se tourne vers l’export doit trouver satisfaction en matière d’assistance. Nous avions récemment accueilli une trentaine d’entreprises du Nord-Pas-de-Calais à Shanghai. Avec CCI International, Ubifrance et la CCIFC de Shanghai, nous avons beaucoup travaillé en amont. Dans la mesure où chacun apporte son savoir-faire, les entreprises sont gagnantes. Vous savez, notre service de domiciliation héberge des entreprises françaises arrivant à Shanghai. Et bien, après leur phase d’exploration, 70 % d’entre elles nous quittent pour s’implanter en Chine…

Source : L'interconsulaire n°111 - octobre 2010
La revue nationale des chambres de Commerce et d'Industrie
interconsulaire.acfci.cci.fr

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