Kazakhstan

Kazakhstan - Entre reprise économique et émergence sur la scène diplomatique mondiale

Une croissance de l'ordre de 4% en 2017, portée essentiellement par les secteurs pétrolier et minier, associée à une volonté de diversifier son tissu industriel et technologique, et une présence sur la scène internationale plus marquée, le Kazakhstan est définitivement un pays à découvrir.

Après deux années 2015 - 2016 difficiles au plan économique (croissance autour de +1 -1,2% contre 4,3% en 2014 et 6,0% en 2013) sur fond de chute des prix du pétrole, le Kazakhstan a connu en 2017 une nette accélération de sa croissance (+4,0%). Celle-ci reste essentiellement portée par le secteur des industries extractives (secteurs pétrolier et minier) qui a crû de +11% en 2017.

Pour 2018 les dernières prévisions font toutefois état d’une croissance forte mais légèrement inférieure à celle observée en 2017 (entre 3 et 3,5%). Malgré ses importantes ressources minières, le Kazakhstan cherche à diversifier son tissu industriel et technologique, notamment à travers des partenariats avec des entreprises étrangères. L’État, omniprésent dans les questions économiques, a mis en place un programme de diversification de l’économie kazakhstanaise, orienté sur l’industrialisation, l’innovation et les technologies nouvelles. La transformation numérique du pays est à l’ordre du jour avec la nomination d’un vice-premier ministre (A.K. Zhumagalieyv) spécifiquement en charge de ce dossier prioritaire.

La reprise des cours du brut : en 2017 après un premier semestre marquée par des prix du pétrole situés dans une fourchette de 45 à 50US$/bbl, la seconde moitié de l’année a vu une envolée des prix du brut au-del) de 60US$/bbl. En ce début 2018 ils sont largement au-delà de 60US$/bbl.

Le champ de Kashagan, enfin entré en production au cours de l’automne 2016 a contribué fortement à l’accroissement progressif de la production kazakhstanaise. Les autorités, qui avaient dans un premier adhéré accepté de contribuer à la limitation de l’offre prônée par l’OPEP, tentent de négocier un accord séparé permettant une poursuite de la croissance de la production.

Grâce à la reprise des cours du cours du pétrole, la situation économique s’est améliorée et l’année 2017 a vu le redémarrage de la croissance (près de +4,0%) et en 2018 un rythme de 3 à 3.5% est encore attendu.

Un tenge hésitant : la première partie de l’année 2017 a vu le tenge se raffermir (de 340KZT/US$ à 310 KZT/US$) avant de subir une nette dépréciation tout au long du second semestre 2017 jusqu’à près de 345 KZT/US$. Depuis le début 2018 il s’est à nouveau raffermi, fluctuant dans une fourchette de 320KZT/US$ à 330 KZT/US$. De son côté la Banque National du  Kazakhstan (BNK) poursuit sa politique de détente en abaissant progressivement son taux directeur (actuellement 10.75%). 

Le budget : en 2017 le solde budgétaire est estimé autour de -2.4% et en 2018 le budget a été construit avec un déficit de 2%. La ponction dans le fonds souverain devrait être nettement réduite en 2018 grâce au maintien des prix élevés du pétrole.

Le budget 2018 est marqué par une baisse mais en réalité le budget 2017 a été marqué par une dépense exceptionnelle dans le cadre d’un soutien exceptionnel au secteur bancaire. En réalité le budget augmente légèrement et se recentre sur les dépenses sociales. La diminution de nombreux budgets sectoriels (transports, agriculture, éducation etc.) suggère une plus grande marge de manœuvre des régions dans ces domaines et sans doute une incitation à recourir aux partenariats public-privé. La hausse des dépenses militaires se fait également à des fins sociales (logements, soldes). Le Gouvernement veut nettement augmenter les recettes fiscales et diminuer les transferts du Fonds national souverain.

L’inflation : en 2017 l’inflation a atteint un peu plus de 7% restant dans la fourchette fixée par la BNK. En 2018 la BNK s’est fixé comme objectif de réduire l’inflation dans un intervalle de 5 à 7% et pour 2019 entre 4 et 6%.

La politique intérieure : en mars 2016 des élections législatives anticipées ont eu lieu conduisant à la large victoire du parti présidentiel « Nour Otan » avec plus de 82% des voix, suivi du parti « Ak Jol » (7%), du KPNK (Parti Communiste Populaire du Kazakhstan, 7%). Ces trois partis se sont partagés les sièges à pourvoir au Majilis.

Le 6 septembre le Président Nazarbayev a remplacé son Premier Ministre (Karim Massimov a été remplacé par Bakytjan Saguintaïev) et un remaniement gouvernemental a suivi. On notera la création au début du mois d’octobre d’un ministère de l’Industrie de Défense et Aérospatiale.

Dans le contexte international marqué par de nombres attaques terroristes à travers le monde et dans un pays caractérisé historiquement par une grande tolérance religieuse, les « incidents » d’Aktobe dans l’ouest du pays en juin puis à Almaty en juillet ont frappé les esprits. 

- Entre le 5 et le 8 juin plusieurs attaques visant des cibles civiles et militaires ont fait officiellement 25 victimes dont 18 assaillants. Les responsables de ces actes ont été décrits comme des « militants radicalisés de mouvements religieux non-traditionnels », un terme officiel désignant les extrémistes islamistes au Kazakhstan. Le Président Nazarbayev a mentionné lors de la réunion de son Conseil de Sécurité Intérieur que les attaquants étaient des « salafistes, incluant probablement des militants de l’Etat Islamique, rentrés de Syrie ».

- Le 18 juillet une attaque d’un poste de police de la ville d’Almaty a fait 11 morts dont plusieurs officiers de police et un civil et de nombreux blessés. Le principal cerveau de l’attaque est un kazakh de religion musulmane connu pour sa proximité avec les salafistes. Avec ses 5 complices il est passé en jugement début novembre et est le premier condamné à mort depuis plus de 10 ans. Les autres personnes ont été condamnées à des peines allant de 3 à 10 ans de prison.

Dans ce contexte la création d’un ministère des religions marque un changement d’attitude du gouvernement à l’égard des fondamentalistes islamistes et plus particulièrement des salafistes.

La politique extérieure : La période 2017- 2018 est marquée par la participation du Kazakhstan au Conseil de Sécurité des Nations Unies avec notamment en 2018 le Kazakhstan va assurer la présidence du Conseil de Sécurité. 

Du 10 juin 2017 au 10 septembre 2017 Astana a accueilli l’Exposition Internationale sur le thème de « l’énergie du futur ».

Mais 2017 a vu l’émergence du Kazakhstan comme un médiateur important avec la première phase de la négociation de paix prévue en janvier à Astana avant de se poursuivre à Genève, centre pourtant historique de l’activité diplomatique mondiale.

La relation bilatérale France – Kazakhstan : les échanges commerciaux entre la France et le Kazakhstan ont été en net hausse en 2017: les importations vers la France ont crûs en raison d’une part de la hausse des prix du pétrole et d’autre part de l’accroissement des volumes exportés vers la France. En revanche les exportations françaises vers le Kazakhstan sont en baisse de 22% (moins de locomotives importées par le Kazakhstan cette année).

La Chambre de Commerce et d’Industrie France Kazakhstan a été officiellement lancée en 2016 avec la participation à son Conseil d’Administration de plusieurs Conseillers du Commerce Extérieur et notamment son Président Renaud Chamonal (Directeur Général de Danone au Kazakhstan).

Gérard FRIES, Président de la CCI France Kazakhstan, Directeur Général de KATCO

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