Japon

Japon - Focus RH, un marché de l'emploi sous pression

L’éclatement de la bulle au début des années 90 avait déjà fortement impacté le marché du travail japonais en renforçant la part d’emploi précaire dans la population. Quels sont aujourd’hui les effets de la crise internationale sur l’emploi au Japon ?

La récession économique qui frappe le Japon depuis 2008, conséquence directe de la crise économique mondiale, entraine une dégradation rapide de la situation sur le marché de l’emploi. Après une hausse de 3.8% en 2007 à 4% en 2008, le taux de chômage devrait atteindre la barre des 5% en 2009, et les prévisions tablent sur un pic historique à 5.5% en 2010. Les étrangers premiers touchés Les travailleurs non-réguliers (essentiellement les travailleurs temporaires) constituent en temps de crise une première variable d’ajustement. 85012 personnes auront ainsi perdu leur emploi (notamment du fait du non-renouvellement des contrats) entre octobre 2008 et mars 2009 (source : gouvernement japonais, décembre 2008) Parmi eux, les salariés étrangers des secteurs de l’automobile et de l’électronique ont été les premiers à voir leurs contrats résiliés ou non renouvelés. Ces licenciements touchent une population vulnérable, étrangers ou personnes peu qualifiées, aux salaires bas et à la protection sociale faible. Mais, signe d’une accélération de la crise, celle-ci n’épargne plus les employés en contrat indéterminés. 

Traditionnellement, les entreprises japonaises utilisent le licenciement sec en dernier recours. Aussi, outre les pertes d’emploi dues à des faillites de PME, de plus en plus d’entreprises ont recours à des plans de mise en pré-retraite (6665 personnes concernées dans les deux premiers mois de 2009, contre 7462 sur l’année 2008) ou à des plans de départ volontaire.

Chômage durable Avec l’éclatement de la bulle dans les années 1990, le Japon est passé d’une situation de quasi plein emploi à celle de chômage durable, qui s’est accompagné d’une montée de la précarisation de l’emploi : 1/3 de la population active en 2007 était concernée par des emplois non réguliers ; les femmes comptent pour 2/3 de ces travailleurs non réguliers, 41% étant employées à temps partiel. Les premières victimes du chômage sont traditionnellement les hommes jeunes (difficulté d’insertion) et séniors (difficulté à retrouver un emploi). 

De fait, une génération avait été « sacrifiée » durant la « décennie perdue », celle des jeunes diplômés, devenus de gré ou de force des « freeters ». Passé 30 ans, il devient quasi impossible de trouver un emploi stable. Cette année, la diminution du nombre de promesses d’embauche ferme faites aux futurs diplômés de mars 2009 à quelque mois de l’obtention de leur diplôme (moins 2,4 points vs 2008, 86,3% de promesses d’embauche) est le signe du durcissement de la politique de recrutement des entreprises. Précarisation, paupérisation, discrimination envers les femmes... 

Parallèlement, la précarisation de l’emploi s’est accompagnée d’une paupérisation d’une partie de la société. Aujourd’hui, en temps de crise, le Japon n’en paye-t-il pas le prix, en devant adopter d’urgence des mesures de soutien à l’emploi et au logement des travailleurs précaires ? 

Mais les véritables victimes de la lutte contre le chômage risquent une fois de plus d’être les femmes. Magie des statistiques, en se retirant du marché du travail en temps de crise, elles ne viennent pas alourdir les chiffres du chômage. Manque de main d'oeuvre La crise actuelle ne doit cependant pas voiler le véritable challenge auquel le Japon est confronté : la diminution de sa population. Dans un contexte de départ en retraite de la génération du baby-boom, certains secteurs (comme les services à la personne) manquent déjà de main-d’oeuvre. 

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