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Japon / Chine - La glace est brisée

{{Les 2 puissances de la région ont décidé de se
réconcilier. Seul accroc : pas de place pour la mémoire
dans cette idylle.}}

Les 2 puissances de la région ont décidé de se réconcilier. Seul accroc : pas de place pour la mémoire dans cette idylle.

Janvier 2010. Le directeur de l’Agence impériale ne décolère pas. Il estime que Premier ministre Yukio Hatoyama lui a imposé en catastrophe la visite impromptue du viceprésident chinois Xi Jinping, probable successeur du président Hu Jintao. Une faveur exceptionnelle, qui en dit long sur l’extraordinaire importance que le gouvernement japonais attache à la Chine. Quelques jours plus tôt, le tout-puissant secrétaire général du Parti démocrate du Japon (PDJ), Ichiro Ozawa, avait mené à Pékin une délégation de 643 sympathisants et membres de son parti pour des entretiens au plus haut niveau. Téléspectateurs japonais et chinois ont pu assister en prime time à une scène surréaliste : Hu Jintao se prêtant, bon prince, à une photo-souvenir individuelle avec chacun des 143 parlementaires DPJ venus pour l’occasion ! Euphorique, Ichiro Ozawa a évoqué avec ses interlocuteurs chinois la politique intérieure japonaise avec des accents empruntés au général Mao Tse Toung : « Le combat pour la libération n’est pas encore terminé. Nous sommes déjà en train de préparer nos troupes. Le Premier ministre gouverne la nation, tandis que moi, je serai le commandant en chef des troupes durant la bataille, jusqu’à la victoire finale ! » Quelques semaines plus tôt, le ministre de la Défense japonais avait accueilli à bras ouverts son homologue chinois, annonçant des exercices militaires communs. Et ça n’est qu’un hors-d’oeuvre. Le scénario d’une réconciliation spectaculaire entre dirigeants a longtemps été sur la table entre Tokyo et Pékin : Yukio Hatoyama se rendrait d’abord à Nankin, lieu des pires atrocités commises par l’Armée impériale japonaise lors de sa conquête de la Chine, pour présenter au peuple chinois des excuses officielles sans ambigüités. Quelques mois plus tard, le 15 août, jour de l’anniversaire du bombardement atomique d’Hiroshima, Hu Jintao irait à son tour dans la ville-martyre pour y exposer les « 3 principes » de la doctrine nucléaire chinoise : ne pas bombarder le premier, ne pas attaquer un pays non nucléarisé, ne pas exporter l’arme nucléaire. Les 2 diplomaties ont démenti que ce scénario ait jamais existé. Mais il demeure plausible.

Le long rapprochement

Ichiro Ozawa, chef d’orchestre de ce rapprochement spectaculaire, est un vieil ami de la Chine. Il a fait ses classes sous le Premier ministre Kakuei Tanaka, précisément celui qui, en 1972, a négocié la normalisation des relations diplomatiques entre le Japon et son immense voisin. Mais il ne fait que poursuivre un réchauffement entamé en 2006. Avant cette date, les relations japonaises allaient de mal en pis, otages d’enjeux de politique intérieure des 2 côtés. À Pékin, l’ex président Jiang Zemin avait trouvé dans le ressentiment envers le Japon un motif de rassemblement pour les patriotes chinois. Et une raison d’être pour le Parti communiste, historiquement légitimé par la lutte contre l’envahisseur japonais. « Lorsqu’il est venu au Japon, Jiang Zemin nous a bassinés avec l’Histoire même au banquet avec l’Empereur. Quelle impolitesse ! », se souvient un convive japonais encore ulcéré. Côté Japon, le Premier ministre Junichiro Koizumi leur donna les verges pour se faire fouetter en se rendant au sanctuaire shinto nationaliste Yasukuni en 2001. « Junichiro Koizumi écoutait toujours tout le monde, et était quelqu’un de pragmatique. Il demeura intransigeant uniquement sur la question de Yasukuni », raconte un conseiller de l’ancien premier ministre. La haine atteint son paroxysme lors des violentes émeutes anti-japonaises qui secouèrent la Chine en 2005. Depuis, elle s’est comme évaporée. « Depuis 2006, le Japon et la Chine poursuivent ce qu’ils appellent un partenariat stratégique. Hu Jintao a décidé de faire passer au second plan les querelles historiques. Il ne parle plus que des relations sino-japonaises de l’après-guerre, qui sont sans nuages » explique Ryosei Kokubun, professeur de l’Université Keio (cf. encadré), le meilleur spécialiste des relations entre les 2 pays. Depuis 2006, les dirigeants japonais et chinois multiplient les visites officielles. En 2007, le premier ministre chinois Wen Jiabao a prononcé devant la Diète japonaise un discours, retransmis en direct à la télévision chinoise, dans lequel il louait les multiples excuses du gouvernement japonais à propos de la Seconde guerre mondiale. [...]

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Un article issu de France Japon Eco n°122, une publication de la Chambre de Commerce et d’Industrie française du Japon.

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