Egypte

Egypte : L’avenir n’est pas si noir

Lors d’une rencontre organisée par la Chambre de commerce française en Egypte, les dirigeants des grandes entreprises ont cherché à dresser des stratégies d’avenir. Un certain optimisme s’est dégagé des discussions.

Lors d’une rencontre organisée par la Chambre de commerce française en Egypte, les dirigeants des grandes entreprises ont cherché à dresser des stratégies d’avenir. Un certain optimisme s’est dégagé des discussions.



----------------------------------------------------------------------------------- Article extrait de "Al-Abraham Hebdo" - Semaine du 9 au 15 mars 2011, numéro 861. -----------------------------------------------------------------------------------

La Chambre de commerce française en Egypte a organisé le 3 mars dernier une table ronde intitulée « Sociétés en Egypte et gestion de crise », en présence de l’Autorité générale pour l’investissement (Gafi). Comme preuve d’une disposition à collaborer plus étroitement en cette période difficile, la rencontre a été l’occasion pour ces deux entités de signer un protocole d’entente pour l’encouragement des investissements. Près de 60 personnes se sont réunies pour débattre en présence de l’ambassadeur de France, S.E. M. Jean Félix-Paganon, venu affirmer le soutien économique et politique de son pays à l’Egypte. « Un vote de confiance » renforcé par la visite au Caire les 5 et 6 mars du nouveau ministre français des Affaires étrangère, M. Alain Juppé, qui doit aussi se faire avec « l’intervention de l’Union européenne », a souligné M. Jean Félix-Paganon.

Avec le manque de stabilité actuel, les investissements étrangers directs en Egypte (1,7 milliard de dollars par an) connaîtront inévitablement une baisse, souligne Mme Neveen El Shafei, vice-présidente du Gafi, qui note cependant que le programme de Partenariat Public Privé (PPP) se poursuivra et que la poursuite de l’expansion du secteur de la vente de détail est attendue. Pour soutenir l’activité économique, le Gafi annonce également des mesures incitatives comme la promotion des zones d’investissement, des compensations financières à l’embauche, un fonds d’aide de 5 milliards de L.E destiné aux sociétés pour résorber les pertes dues au soulèvement populaire, ou encore un délai pour la collecte des taxes sur les importations. Les dégâts sur l’économie égyptienne devraient de même être limités grâce à la force et la « stabilité démontrée du système bancaire », explique M. Mohamed Ozalp, président de la Blom Bank.

Pour le président d’Xceed, acteur majeur du BPO (Business Process Outsourcing) multilingue, « la souffrance du milieu des affaires n’est pas le pessimisme mais plutôt l’anxiété ». Si les attentes de la société ont été pulvérisées en 2010, M. Adel Danish invite aujourd’hui à « changer la manière de penser » dans le milieu des affaires « puisqu’une vision sur 12 mois n’est plus possible », et à se concentrer sur « le cœur de nos activités respectives ».

Ce sont aussi les revendications salariales tous azimuts apparues après la chute de Moubarak qui inquiètent les entreprises. Pas moins de « 36 sites Internet » ont été créés pour les défendre, entraînant des arrêts de travail et alors que, selon des chiffres officiels, les pertes quotidiennes pour le pays s’élèvent ainsi à 302 millions de dollars. Cela entraîne « des risques de populisme, d’insécurité et d’augmentation de l’inflation et il faut prendre des mesures de réduction de coûts, de sécurisation du secteur bancaire et de développement du système d’éducation et de santé », a exposé M. Majidier, directeur des hypermarchés Carrefour en Egypte. Pour lui, des actions adéquates doivent être prises au niveau social maintenant, « au risque de faire face à une autre révolution ».

En plus de la sécurité, l’attente principale est alors que le gouvernement agisse rapidement sur la gestion du travail, avec en particulier des indications sur la question du salaire minimum. Mais des pas doivent aussi être pris du côté de la communauté des affaires en réduisant le nombre d’associations et interlocuteurs afin de remédier à « l’image écornée de l’homme d’affaires dans le pays », comme l’a souligné la Coface Egypte (Compagnie Française d’Assurance pour le Commerce Extérieur), agence spécialisée dans l’assurance crédit à l’exportation. Pour M. Majidier, une fois la crise passée et l’environnement modifié, l’Egypte sera dans deux ans un pays idéal pour les affaires.

Taïmour Hubert

Source : Al-Abraham Hebdo

 

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