Chine

Chine : Investir sur le long terme et s’appuyer sur les réseaux existants

Interview de Manuel Deleers, Directeur Général de la CCIFC par le magazine Classe Export

Interview de Manuel Deleers, Directeur Général de la CCIFC par le magazine Classe Export, juin-juillet 2011

Classe Export : Quelle est la politique actuelle des autorités chinoises en matière d’attractivité des investissements étrangers ?

Manuel Deleers : « Le 12e Plan quinquennal fixe les priorités industrielles de la Chine mais les potentialités dépendront bien évidemment de l’attitude des autorités en matière d’accès au marché et en particulier du contrôle des investissement étrangers. Ce plan met d’une part l’accent sur le développement de la consommation interne : on passe d’un modèle de développement économique basé principalement sur les exportations vers un modèle rééquilibré par le développement de la demande intérieure.

Il s’agit d’une vraie opportunité pour les entreprises françaises fournisseuses de biens de consommation et de services. Les autorités chinoises souhaitent en effet développer le secteur tertiaire.

 

Par exemple, il existe d’énormes besoins dans le domaine de la formation professionnelle dont l’ouverture est prévue dans le catalogue des investissements étrangers qui sera publié en juillet 2011. Le 12e Plan met également l’accent sur le développement durable. L’efficacité énergétique, la réduction des gaz a effet de serre, la restructuration des industries polluantes et la protection de l’environnement sont au coeur du projet industriel et si les entreprises chinoises sont déjà bien positionnées, les entreprises françaises ont néanmoins une opportunité en matière de contrôle de consommation, constructions HQE, recyclage des déchets, des eaux usées, des boues…. Enfin, le secteur des infrastructures (routes, autoroutes, chemins de fer) et de l’équipement va continuer à tirer la croissance dans les années à venir mais avec une montée en gamme des produits chinois, fondée sur la capacité d’innovation, nécessaire pour accroître les salaires ».

C.E. : Que faut-il attendre de la prochaine révision du catalogue des investissements attendue cet été ?

M.D. : « L’objectif stratégique est de guider beaucoup plus finement les investissements dans certains domaines technologiques. Il est probable qu’une certaine complexité demeure et que l’ouverture apparente soit limitée par la primauté des réglementations sectorielles dont certaines prévoient des dispositions plus restrictives.

Quelques ouvertures sont cependant à noter pour les établissements médicaux, la formation professionnelle, les boissons gazeuses, le capital-risque, le crédit-bail, les compagnies d’enchères, les additifs naturels alimentaires, les services en matière de protection intellectuelle, et enfin pour de nombreuses activités environnementales ».

C.E. : Les entreprises étrangères ont du mal à décrocher des marchés publics en Chine alors que des entreprises chinoises remportent des contrats de construction d’autoroute en Europe. L’U.E parviendra-telle à imposer aux autorités chinoises le principe de réciprocité d’accès aux marchés publics ?

M.D. : « Il s’agit là d’un problème politique mais nous considérons qu’il vaut mieux trouver des accords fondés sur des partenariats au cas par cas en faisant jouer tous les leviers, plutôt que de figer la relation globale dans un rapport de forces qui n’est pas à notre avantage ».

C.E. : Quels conseils pouvez-vous donner aux Pme françaises qui abordent le marché chinois pour la première fois ?

M.D. : « La première chose à faire est un diagnostic du marché pour mesurer l’attractivité du marché chinois pour son produit. Il faut ensuite concevoir une approche stratégique du marché et établir son business plan afin, si besoin de lever les fonds nécessaires à l’investissement.

C’est seulement ensuite qu’il faut démarrer sa prospection auprès de clients et de fournisseurs potentiels pour initier du business. Mais réussir son ancrage sur le marché chinois prend du temps. Il faut investir sur le long terme et être très patient. Le ROI est relativement long.

Les entreprises doivent s’appuyer sur les relais existants sur place comme la chambre de commerce qui les aide dans chacune de leurs démarches : commercial à temps partagé, création de société, rédaction et traduction des contrats, protection intellectuelle, recrutement, formation, domiciliation, prospection, communication…

Il faut aussi prendre le temps de développer le “Guanxi”, le réseau relationnel sans lequel rien en se fait en Chine ».

Propos recueillis par Sylvain Etaix

Contact :
Chambre de Commerce et d’Industrie Française en Chine
Flore Coppin
Tel : 0086 +10 - 6461 0260 ext. 66
@ : [coppin.flore@ccifc.org->coppin.flore@ccifc.org]
Sites : www.ccifc.org / www.connexions.ccifc.org

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